Jeudi 22 Octobre, 2020

Détenu pour viols, Tariq Ramadan confronté mardi à sa deuxième accusatrice

L'intellectuel musulman Tariq Ramadan le 26 mars 2016 lors d'une conférence à Bordeaux

L'intellectuel musulman Tariq Ramadan le 26 mars 2016 lors d'une conférence à Bordeaux

L'intellectuel musulman Tariq Ramadan, incarcéré depuis sept mois en France pour des accusations de viols qu'il conteste, doit être à nouveau confronté mardi à la deuxième plaignante, un rendez-vous après lequel il espère obtenir sa remise en liberté.

Le théologien suisse de 56 ans, atteint d'une sclérose en plaques dont le traitement a été jugé administrable en prison, est détenu à l'hôpital pénitentiaire de Fresnes, au sud de Paris, au grand dam de ses soutiens.

"L'enjeu est moindre que lors de la première confrontation en garde à vue (le 1er février, NDLR) où Tariq Ramadan était à l'aveugle sur le dossier et ne pouvait ajuster sa défense à la réalité des pièces", a déclaré à l'AFP l'avocat de la plaignante, Me Eric Morain.

En garde à vue, le théologien avait seulement admis un "jeu de séduction" dans les correspondances avec cette admiratrice. Il avait déclaré l'avoir vue 20-30 minutes dans le hall de l'hôtel le 10 octobre 2009, alors qu'elle affirme y avoir été violée la veille avec une rare violence puis abandonnée, en état de choc, dans la chambre de M. Ramadan.

- "Rapports de domination" -

Tariq Ramadan, qui clame son innocence, a reconnu pour la première fois en juin plusieurs relations extraconjugales "consenties" et des "rapports fougueux, de domination", notamment avec une troisième plaignante apparue en mars. Elle dénonce neuf viols en France, à Londres et à Bruxelles, de 2013 à 2014.

Son avocat, Me Emmanuel Marsigny, a par ailleurs déposé fin juillet une requête en nullité contre les témoignages de deux anciennes maîtresses recueillis sous X lors de l'enquête préliminaire avec l'assistance de l'avocat de "Christelle".

Mais les déclarations de cette ancienne salafiste, devenue militante laïque, a été affaiblie par ses revirements sur la date et le lieu des faits qu'elle dénonce.

Le théologien avait aussi déposé dans la foulée une deuxième demande de mise en liberté sous contrôle judiciaire, avec remise de son passeport suisse et d'une caution de 300.000 euros, elle aussi rejetée début août.

En Suisse, une quatrième femme a porté plainte à Genève, où une instruction a été ouverte, selon un porte-parole du ministère public cité dans la presse.

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