Dimanche 24 Mars, 2019

Des voix s’élèvent contre l’annonce du président de Conatra en RD

Antonio Marte, président de la Confédération nationale des transports (Conatra)/République dominicaine

Antonio Marte, président de la Confédération nationale des transports (Conatra)/République dominicaine

Dans une vidéo publiée sur son compte Twitter mercredi dernier, le président de la Confédération nationale des transports (Conatra) en République dominicaine a clairement demandé aux chauffeurs d’autobus de son regroupement de « ne plus autoriser les ressortissants haïtiens, quel que soit leur statut d’immigré, à monter à bord ».

Cette position teintée de discrimination envers les Haïtiens a été – évidemment – fustigée par bon nombre de politiques en terre voisine. Diario Libre rapporte que « des membres de trois organisations politiques se sont prononcés contre lui, estimant que la politique en matière de migration devait être menée par le gouvernement et non de manière particulière. »

Pour Federico Antún Batlle (Quique), président du Parti réformiste social-chrétien (PRSC), pratiquer cette recommandation est synonyme d’inhumanité. « Les étrangers [les Haïtiens, Ndlr] sont des êtres humains », a-t-il martelé.

Vinicio Castillo Semán, de la Force nationale progressiste, un parti qui se caractérise par son attitude ultranationaliste au point de promouvoir la construction d'un mur à la frontière pour empêcher l'entrée illégale des Haïtiens a lui aussi condamné les propos de Marte.

« […] Je rejette catégoriquement cette mesure de mon ami Antonio Marte », a-t-il écrit sur son compte. « Refuser le service de transports à un étranger légalement en République dominicaine, qu’il soit haïtien ou de toute nationalité, constitue un abus », a-t-il souligné.

Toujours selon le journal dominicain, quelques heures auparavant, José Tomás Pérez, ambassadeur de la République dominicaine à Washington et dirigeant du Parti de libération de la République dominicaine (PLD), au pouvoir, avait également manifesté son opposition à l'annonce d'Antonio Marte. Il a estimé qu'il encourage la haine et que ce n'est pas la bonne façon de défendre la souveraineté nationale.

Entre-temps, l'ex-député Luisin Jiménez a conseillé au transporteur de rectifier la disposition qu'il définit comme de la folie. « […] Il y a des milliers d'Haïtiens qui vivent légalement et décemment dans notre pays », a-t-il déclaré.

Source: Diario Libre

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