Vendredi 21 Septembre, 2018

Des policiers de l’UDMO auraient tabassé deux lycéens à Port-de-Paix

Le lycéen Antoine Dieufait arborant fièrement l'uniforme unique. Photo : Antoine Dieufait

Le lycéen Antoine Dieufait arborant fièrement l'uniforme unique. Photo : Antoine Dieufait

La Police nationale se trouve à nouveau sur la sellette. Des agents de l’Unité départementale de Maintien de l’Ordre (UDMO) dans la commune de Port-de-Paix auraient tabassé Antoine Dieufait, un élève du Lycée Tertulien Guilbeaud (LTG) en classe terminale, âgé de 23 ans.   

La victime a confirmé la nouvelle, mardi soir, à la rédaction de Loop Haïti. « Ils m’ont roué de coups de bâton », a-t-il déclaré, encore sous le choc d’une journée mouvementée. « Ils m’ont également giflé à plusieurs reprises ».

L’incident s’est produit mardi matin, vers les 9h à la rue Diaspora, au bas de la ville. Dieufait affirme qu’il ressent à présent une douleur atroce à la nuque et qu’il ne s’est pas encore rendu à un centre de santé pour se procurer les soins nécessaires.

« L’un des agents de l’UDMO avait en sa possession un objet avec lequel il essayait de briser mes côtes à chaque instant », explique l’écolier originaire de la ville de Chansolme (9 km de Port-de-Paix), où ses parents résident actuellement.

Depuis la semaine dernière, les principaux lycées de Port-de-Paix ont entamé un mouvement qui ne connait pas encore d’épilogue. Certains écoliers vêtus de leur uniforme, raconte Dieufait, déambulent à longueur de journée à travers les rues de la ville.

Ils étaient une dizaine lorsqu’ils ont décidé de prendre la direction du lycée Sténio Vincent. Des policiers ont fait irruption de manière soudaine, et les autres écoliers avaient pris la poudre d’escampette. Jusqu’alors, Dieufait n’avait trouvé aucun motif pour prendre la fuite puisqu’il n’avait pas commis d’infraction, dit-il.

Mais en observant la mine des policiers, il a dit ressentir la nécessité d’abandonner les lieux cette fois. Il s’est réfugié chez un inconnu, mais les agents l’ont poursuivi jusqu’à l’intérieur de ladite maison. Après l’avoir attrapé, ils ont commencé à le bastonner en lui intimant l’ordre de dénoncer les autres élèves qui s’y cachaient également, raconte-t-il.

Après, ils m’ont relâché sous l’appel de quelques riverains présents au moment de la situation, continue-t-il, ajoutant que les policiers s’en sont pris également à un autre élève moins âgé que lui dont il ignore l’identité et le niveau d’études.

Le Porte-parole de la police nationale d'Haïti, le commissaire Frantz Lerebours, sollicité hier soir, a ignoré l’existence de tels faits. Dans une conférence de presse prévue pour ce mercredi, il espère pourvoir répondre à une pareille sollicitation.