Mercredi 20 Novembre, 2019

Des "pions" tenteraient de saper la grève de faim contre Jovenel Moïse

Photo: Raoul Junior Lorfils

Photo: Raoul Junior Lorfils

Un groupe de personnes tenterait de toute ses forces d'affaiblir la grève de la faim lancée par un groupe d'étudiants exigeant le départ du président.

Deux jeunes hommes qui se présentent comme points de contact pour les étudiants en grève de la faim depuis cinq jours contre le président, nous ont fait savoir ce matin du 17 octobre que 7 des grévistes avaient décidé d'abandonner. "Ils ont décidé d'embrasser la lutte sous une autre forme", nous a confié l'un d'entre eux au téléphone.

La rédaction de Loop Haiti avait donc décidé d'aller confirmer cette affirmation. Rencontrés sur les lieux de la grève, à savoir à la Faculté de droit et des sciences économiques (FDSE), les étudiants grévistes ont démenti cette information. Selon eux, il s'agit de manoeuvres d'un groupe de "pions" ayant pour mission de saper leur mouvement contre le pouvoir en place.

Rien n'a changé, nous ont-ils dit. La grève de la faim se poursuivra jusqu'à ce que Jovenel Moïse décide de quitter le pouvoir. 

 

Les grévistes dénoncent l'attitude d'un groupe de personnes qui, selon eux, tentent de créer une diversion autour du mouvement qui est à son cinquième jour et de le saper au bénéfice du pouvoir. Ils en profitent pour rejeter d'un revers de main, les allégations selon lesquelles ils auraient été contactés par un puissant membre du secteur privé des affaires.

"C'est faux. Jusqu'ici nous n'avons reçu que deux groupes de personnes: "les journalistes et d'autres militants", a placé l'un de nos interlocuteurs.

Une quinzaine d'étudiants issus tant du privé que du public ont entamé une grève de la faim depuis dimanche 13 octobre 2019. L'objectif de cette forme de manifestation est de pousser le chef de l'Etat à la démission. Les noms des protestataires n'ont pas été révélés à la presse qui a interdiction formelle de filmer leur visage.

Le locataire du Palais national a de son côté rejeté, lors d'une conférence de presse le 15 octobre, toute idée d'abandonner le pouvoir comme le réclament de nombreux acteurs depuis plus de cinq semaines. Démissionner serait un acte "irresponsable", dit l'homme qui pointe du doigt le "système" comme responsable de la crise politique actuelle.

 

Quatre (4) des quinze étudiants grévistes avaient besoin d'une aide médicale urgente mercredi 16 octobre. Les concernés avaient été transportés à l'hôpital pour recevoir les soins que nécessitait leur cas. Au moins deux d'entre eux ont été par la suite récupérés par leurs parents, nous ont confié d'autres collègues qui confirment par ailleurs qu'ils n'ont aucune intention de laisser tomber.

S'ils indiquent n'avoir, évidemment, rien mangé depuis cinq jours, les protestataires confirment néanmoins qu'ils boivent de l'eau. Quelques sachets de ce liquide étaient entreposés dans la salle au moment de notre visite.

Ce mercredi 17 octobre, date marquant le 213e anniversaire de l'assassinat de Jean Jacques Dessalines, l'un des pères fondateurs de la nation, le président Jovenel Moïse n'a pas pu se rendre au Pont Rouge pour commémorer comme d'habitude l'événement. Empêché à cause de la situation de protestation en cours dans la capitale, il a fait le dépôt d’une gerbe de fleurs au Musée du Panthéon National (MUNAPAH).

L'occasion pour Jovenel Moïse de tirer à boulets rouge une fois de plus sur le « système », qui selon lui, perpétue l’exclusion, la misère et la pauvreté en Haïti. Il a appelé le peuple haïtien à identifier, comme en 1804, ses vrais ennemis et à s'unir pour les combattre. 

Raoul Junior Lorfils

 

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