Mercredi 11 Décembre, 2019

Les opinions divergent autour de la formation du nouveau gouvernement

Jovenel Moïse, président de la République/ Crédit: Présidence/Twitter

Jovenel Moïse, président de la République/ Crédit: Présidence/Twitter

« Les seules discussions possibles aujourd’hui avec Jovenel Moïse sont celles qui porteraient sur la planification de son départ », déclare Madame Beauzile qualifiant de perte de temps les consultations en cours.

Quatre mois après le vote de censure infligé au notaire Jean-Henry Céant, le pays est sans gouvernement légitime. Cependant, la population s’enfonce dans sa misère. Après des tentatives vaines de ratification du Premier ministre nommé Jean Michel Lapin, le président Jovenel Moïse qui s’était tû pendant plusieurs mois est sorti de son mutisme pour annoncer qu’il a engagé des consultations en vue de former un nouveau gouvernement. Ce qui, selon lui, pourra débloquer la situation.

Les positions des acteurs politiques et des responsables d’organisations de la société civile diffèrent les unes des autres concernant la formation de ce gouvernement dit "de cohabitation".

La présidente du parti Fusion des sociaux-démocrates Edmonde Supplice Beauzile qui dit n’avoir pas été contactée dans le cadre des consultations engagées par l’exécutif, informe qu’elle n’est pas intéressée par une telle démarche.

L’ancienne sénatrice du Centre affirme que sa formation politique n’est pas prête à cohabiter avec le président Jovenel Moïse dont la démission est réclamée par de nombreux secteurs de la vie nationale depuis plus d’un an. « Les seules discussions possibles aujourd’hui avec Jovenel Moïse sont celles qui porteraient sur la planification de son départ », déclare Madame Beauzile qualifiant de perte de temps les consultations en cours.

Alors que la Fusion écarte toute possibilité d’intégrer le nouveau gouvernement, le parti INITE, lui, se dit disposé à participer à ce gouvernement de cohabitation. D’ailleurs, la secrétaire générale de la formation politique INITE-Patriotique Marie Denise Claude indique que son parti est partie prenante des consultations en cours.

Le directeur exécutif de l’Initiative de la Société Civile (ISC) qualifie de positive la démarche du locataire du palais national et de certains proches du pouvoir d’engager des discussions dans le but de mettre en place le nouveau cabinet. Rosny Desroches conseille donc au chef de l’Etat de faire choix d’un Premier ministre issu d’un consensus entre la classe politique et non le choix unilatéral du PHTK et ses alliés.

Avis partagé par le codirecteur du Collectif Défenseur Plus, Antonal Mortimé qui estime que le dialogue national peut faciliter une entente autour de la dimension conjoncturelle de la crise. Toutefois, il ne faut pas perdre de vue les principales revendications populaires, conseille-t-il.

Alors que les conditions de vie de la population se détériorent constamment, d’aucuns pensent que le pouvoir en place, ne disposant pas de trop de marges de manœuvre, ne fait pas grand-chose pour améliorer la situation préférant jouer la montre pour casser la mobilisation antigouvernementale.

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