Jeudi 17 Octobre, 2019

Dorian: les Haïtiens en situation irrégulière devront quitter Bahamas

Le Premier Ministre des Bahamas, Hubert Minnis./Photo: Source-CNW Network.

Le Premier Ministre des Bahamas, Hubert Minnis./Photo: Source-CNW Network.

Les Haïtiens en situation irrégulière aux Bahamas pourraient, dans les jours à venir, être forcés de quitter l’archipel ravagé par Dorian, s’ils ne le font pas de leur plein gré, selon ce qu’a annoncé le Premier ministre Hubert Minnis.

Les ressortissants haïtiens, « principaux occupants des bidonvilles » ravagés par Dorian dans le courant du mois de septembre, ne sont pas de tout repos, alors que bon nombre d’entre eux ont perdu leur maison et leur emploi suite au passage de Dorian qui a causé 50 morts et entrainé la disparition d’au moins un millier de citoyens.

 

Le Premier ministre des Bahamas, M. Hubert Minnis, a déclaré s'être entretenu avec des responsables de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) et a averti les migrants en situation irrégulière qu'ils devaient quitter le pays de leur plein gré ou ils seront contraints de le faire, lit-on dans le journal CNW Net work.

Minnis a averti les migrants clandestins qui ont survécu au passage de l'ouragan Dorian le 1er septembre dernier que le gouvernement mettrait en œuvre sa politique migratoire et de déportation des clandestins conformément à la loi. « J'ai rencontré des représentants de l'OIM, a-t-il indiqué, et ils ont été informés que nous sommes un pays de lois et que nos lois concernant les immigrants clandestins seront appliquées. [...] Ils seront effectués de manière humaine. Par conséquent, je signale à tous les [les migrants clandestins] qu'ils peuvent quitter volontairement ou ils seront forcés de partir ».

Cette décision a été critiquée par des défenseurs des droits humains. Le groupe Rights Bahamas juge que cette disposition parait contradictoire pour le simple fait que le gouvernement avait, antérieurement, décidé de ne pas cibler des migrants victimes de la tempête. « Une tentative honteuse de prise de position politique visant à gagner la faveur d’éléments xénophobes », croit l'organisation des droits humains.

Le procureur général Carl Bethel a déclaré que les migrants qui ont perdu leur emploi à la suite de l'ouragan « doivent rentrer chez eux », même si leur permis de travail n'a pas encore expiré. Le ministère de l'Immigration avait aussi averti les employeurs potentiels des victimes de la tempête qui ont besoin d'un permis de travail qu’ils doivent prouver que leur demandeur a des conditions de vie satisfaisantes, faute de quoi il leur sera refusé.

Le Département de l’immigration a, de plus, déclaré que les non-nationaux cherchant un emploi aux Bahamas doivent être approuvés par le département et que les demandes de délivrance du premier permis de travail ne seront acceptées ou examinées que si la personne est physiquement présente et réside dans son pays d’origine au moment où la première demande est faite.

L'ouragan, qui a balayé l'archipel, a provoqué des dégâts considérables à Grand Bahama et sur l'île d'Abacos. Le Premier ministre bahaméen a déclaré qu'il avait ordonné à Bethel d'acquérir de force le terrain sur lequel plusieurs bidonvilles, principalement occupés par des ressortissants haïtiens avant l’ouragan, avaient été construits.

La nouvelle de la déportation annoncée par les autorités bahaméenes soulèvent l’inquiétude de nos compatriotes et craignent d’être refoulés en Haïti, traversée actuellement par une crise politique aigüe et en proie à des manifestations violentes contre l’actuel président de la République, Jovenel Moïse.

À rappeler que 309 Haïtiens sont considérés comme des personnes portées disparues aux Bahamas suite au passage de l’ouragan Dorian.

Lire | 309 Haïtiens considérés comme portés disparus aux Bahamas après Dorian

 

 

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