Mercredi 17 Juillet, 2019

Des malades en putréfaction à l’hôpital général

A lorsque la demande d’hospitalisation augmente en raison notamment du nombre élevé des blessés par balles lors des manifestations anti-gouvernementales qui ont duré plus d’une semaine, l’hôpital de l’université d’État d’Haïti  se trouve de plus en plus dans l’impossibilité de prodiguer des soins aux malades qui y sont admis.

Plusieurs patients en état de décomposition sont découverts au plus grand centre hospitalier du pays. Le personnel de santé de l’hôpital est totalement absent. Il ne peut se déplacer, les rues de la capitales sont barricadées par des protestataires qui réclament le départ de Jovenel Moise.   

Ce n’est pas un manque d’entretien des malades  reçus à l’hôpital général qui aurait créé la surprise. Toutefois, l’état de délabrement complet dans lequel il se trouve est absolument horrible.

Le journal a effectué une visite, ce jeudi 14 février 2019 à l’HUEH. A peine arrivés sur la cour de cet important centre hospitalier, on est  pris à la gorge par une odeur nauséabonde.

Des malades allongés sur leurs lits sont en attente interminable d’une intervention de professionnels de santé.

Woody Joseph, un jeune de 23 ans, est admis à l’hôpital général depuis environ 4 jours pour recevoir des soins médicaux. Il a reçu des balles alors qu’il venait de participer à une manifestation contre le pouvoir en place. Woody a les pieds et les mains cassés. Allongé sur son lit à l’hôpital, les os au niveau des ses jambes sont visibles. Ce sont des agents des forces de l’ordre qui  l’ont emmené à l’HUEH les mains ligotées. Depuis son arrivée au service d’urgence de l’hôpital général, ni médecin, ni infirmière n’est intervenu. Ses pieds sont en état de putréfaction, faute de soins médicaux nécessaires.

Toujours dans la salle d’urgence, se trouve  Christelle Desriveaux 28 ans, victime d’un accident de circulation à Péguy-Ville, mardi 1er février. Selon les diagnostics  médicaux, elle doit subir une opération chirurgicale. Faute de sang, cette intervention n’a pas pu avoir lieu. La situation sanitaire de Christelle s’aggrave depuis le lancement de l’opération baptisée « pays lock » qui contraint des citoyens y compris le personnel médical de l’HUEH à rester cloitrés chez eux.

Au lit numéro 23, s’allonge le sexagénaire Victorin Orvin souffrant de l’hernie. Des médecins devraient l’administrer un cathéter, peu avant le déclanchement des protestations. Voilà plus d’une semaine après, sa souffrance augmente, les médecins brillent par leur absence. Impossible de s’approcher de Victorin. Il est souillé par l’odeur  des matières fécales et du pipi. Incapable de quitter son lit, Victorin est atteint d’incontinence fécale.

Des parents des patients et les patients eux-mêmes s’insurgent contre le fait qu’ils soient complètement délaissés à l’hôpital général. Ils demandent aux autorités compétentes d’intervenir en leur faveur.

L’administration de l’HUEH ne fonctionne pas depuis plusieurs jours. Aucun membre n’y est remarqué. La sécurité des agents en poste et les malades qui y sont admis n’est pas garantie. Dans la salle d’urgence qui reçoit constamment des personnes en quête de soins de santé, un seul policier est remarqué. Des bandits pénètrent l’enceinte du plus grand centre hospitalier comme bon leur semble pour commettre des forfaits. L’HUEH semble faire face à tous les maux.

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