Mercredi 12 Août, 2020

Des Haïtiens sous la menace de déportation des Bahamas

Des migrants haïtiens arrêtés aux Bahamas. Crédit photo: Heure Infos

Des migrants haïtiens arrêtés aux Bahamas. Crédit photo: Heure Infos

Ils ont jusqu’à la fin de l’année 2017 pour quitter le pays sous peine d’être poursuivis selon le Premier ministre des Bahamas.

L'ultimatum est lancé. Mercredi 11 octobre dernier, le premier ministre des Bahamas, Hubert Minnis, a déclaré devant la chambre législative que tous les migrants vivant en situation irrégulière aux Bahamas ont jusqu’au 31 décembre 2017 pour retourner dans leur pays d’origine. La menace est à prendre au sérieux : « Passé ce délai, ils seraient poursuivis agressivement  et expulsés des Bahamas. »

Depuis, la communauté haïtienne aux Bahamas vit avec la peur au ventre. La Groupe d’Appui aux Rapatriés et Refugiés (GARR) qui s’est fait l’écho de cette nouvelle souligne que plus de 80 000 ressortissantes et ressortissants haïtiens (tous ne sont pas sans papier) vivent dans l’Archipel des Bahamas. Ce qui représente pas moins de 20% de la population bahamienne estimée en 2017 à 396 814 habitants.

«Cette mesure concerne toutes les nationalités indistinctement », a martelé monsieur Minnis. Pour montrer son intransigeance, il recommande à tous les employeurs et résidents aux Bahamas qui emploient des migrants en situation irrégulière de jusqu'au 31 décembre 2017 de régulariser leur statut jusqu'au 31 décembre 2017 ou arrêter de les embaucher.

« Je demande aux officiers d'immigration de faire leur devoir d’une façon professionnelle et humaine. Ceux qui emploient illégalement de tels migrants sont légalement responsables et seront poursuivis. Nous devons être un pays où la loi s’applique.», a-t-il précisé, cité par le GARR.

Selon le GARR, Une politique migratoire adoptée au Bahamas en 2014 a fait obligation aux citoyens étrangers d’avoir les documents (passeports) de leur nationalité et de prouver qu’ils sont autorisés à travailler et vivre aux Bahamas. À cause de cette politique, la demande de résidence ou de permis de travail faite par ceux et celles qui n’ont aucun statut juridique ne sont pas agréée.

Cette fois, les autorités bahamiennes ont signalé que le gouvernement se concentrera sur les services de l’immigration pour accorder et renouveler des permis de travail et des visas à ceux et celles qui ont fait la demande.  Et le ministre de l'Immigration, Brent Symonette, de son côté a clairement indiqué le 10 octobre 2017  qu’il n’y aura pas d’amnistie à partir du délai accordé aux étrangers dont les ressortissants  haïtiens.

La situation préoccupe à ce point l’organisme de droits humains qui appelle les autorités haïtiennes à entreprendre en toute urgence des pourparlers avec l’État bahamien en vue de le porter à revoir cette décision.

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