Jeudi 22 Août, 2019

Des fatras d’Haïti utilisés dans la vente de laptop

Des matières plastiques trouvées au bord des plages en Haïti sont transformées en emballages pour ordinateurs portables.

Et si les morceaux de plastique répandus sur les plages du monde finissaient comme emballages de matériels informatiques, et ne flottaient plus au milieu de l'océan ?

C'est ce que la société d'informatique Dell a entrepris de faire, en testant une chaîne d'approvisionnement où des matières plastiques ramassées sur les plages d'Haïti sont transformées en emballages recyclés.

Toute personne qui achète maintenant l'ordinateur portable XPS 13 2-en-1 peut s'attendre à trouver la machine assise sur un plateau 25% de déchets puisés dans les océans - avec l’image d'une baleine.

Plus de 5 trillions de morceaux de plastiques flottent dans les océans du monde, se dégradent en de plus petits morceaux et tombent dans le fond de l'océan où ils blessent les animaux (…).

Dell estime que son programme, une première dans l'industrie, sortira environ 8000 kilogrammes de plastiques hors des océans cette année.

Des tonnes de plastique

« Nous utiliserons 8 tonnes de plastiques océaniques, et nous allons progresser dans les années à venir », explique Louise Koch, leader de la durabilité d'entreprise de Dell pour l'Europe, le Moyen-Orient et l'Afrique.

L'ONU, qui a tenu la semaine dernière sa première conférence axée sur les océans, a fait l'éloge de Dell pour l'initiative. Mais tout le monde n'est pas convaincu qu'elle fera une réelle différence.

«La plupart des débris marins n'atteignent pas les océans par les plages mais principalement dans les rivières, les décharges près de la côte ou l'industrie de l'expédition et de la pêche», explique Emma Priestland, responsable de la lutte contre les déchets marins de l'ONG Seas at Risk.

(…)

Dell s'assure que le plastique provenant d'Haïti est correctement trié, donc de bonne qualité et ne contient pas de substances toxiques. La compagnie le fait en collaborant avec des travailleurs informels qui gagnent leur vie en triant les déchets et en les vendant aux intermédiaires locaux.

«Nous travaillons avec eux et les formons sur la façon de distinguer les différents types de matières plastiques», dit Koch. « Donc, nous contribuons réellement à créer des emplois, ce qui me semble fantastique ».

Mais la création d'emplois risque de perpétuer le problème, selon Ann Dom, directeur adjoint de Seas at Risk. Malgré les bonnes intentions de Dell, elle soutient que l'accent devrait être mis sur l'évitement de l'utilisation du plastique en premier lieu. Cela peut être fait, dit-elle, en promouvant une économie circulaire avec des produits conçus de manière écologique et efficace en termes de ressources, et réparables et partageables, sans nécessité d'un empilement inutile.

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