Lundi 1 Juin, 2020

Des enseignants grévistes boudent une rencontre du MENFP

La grève des enseignants du Lycée Faustin Soulouque de Petit-Goâve, qui dure maintenant plus de trois semaines, a provoqué une vague de manifestation de la part des élèves de cette institution, ainsi que des cas de vandalisme et d’arrestation durant les derniers jours.

En vue d’amener les grévistes  à lâcher un peu la corde, la Direction département du Ministère de l’Éducation nationale de l’Ouest les avait invités à une rencontre devant se tenir à Port-au-Prince, au Lycée du Cent cinquantenaire.

Sans grande surprise, les concernés qui réclament leurs arriérés de salaire et des lettres de nomination ont boudé cette invitation à laquelle seuls le Directeur du Lycée Faustin Soulouque, Pierrevilus Jean Elius et le Directeur de l'EFACAP, Yvener Desrosiers ont pris part. Une action que dit regretter Louis Fritz Dorminvil, le Directeur du départemental de l’Ouest qui espérait que les plaignants allaient se présenter à la réunion afin de se pencher ensemble sur la crise qui les concerne.

Le DG éducation de l’Ouest comprend mal le refus des protestataires à s’asseoir et discuter sur les problèmes évoqués comme motif de leur grève et, qui pis est, ils n’ont même pas adressé de correspondance en vue de communiquer le motif de leur absence, condamne-t-il, soulignant que le fait d’avoir invité les enseignants ne cachait aucune mauvaise intention.

Depuis trois semaines, les enseignants du Lycée Faustin Soulouque de Petit-Goâve grèvent pour réclamer en autres, de meilleures conditions de travail, leurs arriérés de salaire et pour certaines des lettres de nomination.

Suite à cela, les élèves de l’institution ont, à leur tour, pris le rues en vue de réclamer des enseignants dans les salles des cours. Durant leur mouvement, des casses ont été enregistrées. La Police nationale a dû intervenir, ce qui semble avoir aggravé le cas puisque des élèves ont déclaré avoir été molestés et arrêtés.

 

Informé de la situation qui sévissait non seulement à Petit-Goâve, mais dans d’autres villes de province, le ministère de l’Éducation nationale et de la formation professionnelle (MEnFP), avait sorti une note dans laquelle il se montrait très remonté contre le « manque d’éthique » des enseignants et des syndicalistes.

« Le MENFP dénonce et condamne cette pratique abusive et non éthique visant à utiliser les élèves qui sont d’éternelles victimes de ces grèves en cascade dans les écoles publiques », pouvait-on lire dès le premier paragraphe de la circulaire.

Et plus loin, une question : « Comment un enseignant régulièrement payé, et qui ne vient pas assumer son cours, peut inciter des élèves à gagner les rues ? Où sont la probité, l’éthique et la morale d’un tel enseignant ? », avant de demander aux enseignants sans lettre de nomination ou avec des arriérés de salaires à rentrer dans les salles être patients. « La plupart des dossiers sont cours de traitement », avaient annoncé les autorités.

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