Lundi 9 Décembre, 2019

Enseignants, élèves et parents marchent dans plusieurs villes d'Haïti

Des élèves du Lycée du Cent Cinquantenaire simulent une journée de classe

Des élèves du Lycée du Cent Cinquantenaire simulent une journée de classe

A Port-au-Prince, Jérémie, Saint-Marc et aux Cayes, professeurs, directeurs d’écoles, élèves et parents d’élèves ont organisé, lundi 21 octobre 2019, une marche pacifique pour réclamer, à l’instar d’autres secteurs de la vie nationale, la démission du président de la République Jovenel Moïse, condition sine qua non à la reprise des activités scolaires.

Depuis la relance de la mobilisation en début de septembre contre Jovenel Moïse, les établissements scolaires sont contraints de garder leurs portes fermées. En conséquence, les élèves sont cloitrés à domicile pendant au moins sept semaines.

A Port-au-Prince, la marche a démarré à la rue Capois en face du Lycée du Cent cinquantenaire communément appelé Lycée de jeunes filles. Vêtus d’uniformes d’écoles, les élèves ont simulé une journée de classe : sac d’écoles, cahiers, livres et stylos en mains, ils ont récité plusieurs leçons relatives aux devoirs de l’Etat envers ses citoyens. Ils ont d’une seule voix repris cette partie tirée du livre « j’aime Haïti » et de la constitution haïtienne ainsi stipulée : "L’Etat doit garantir à tous les citoyens le droit à la vie, à la santé, à l’éducation, à l’alimentation et à la sécurité sociale".

Avant de parcourir plusieurs rues de la capitale, les élèves qui étaient accompagnés de leurs parents, des enseignants et de directeurs d’écoles ont procédé à la montée symbolique du bicolore, la fierté de l’Haïtien. Partis de la Rue Capois, les protestataires ont arpenté divers coins de la ville de Port-au-Prince. A Carrefour de l’Aéroport, ils ont scandé: « Il faut que Jovenel Moïse remette sa démission afin que les écoles puissent rouvrir leurs portes. S’il part aujourd’hui, les activités scolaires reprendront au lendemain ».

Les protestataires n’ont pas hésité à tirer boulets rouges le chef d’Etat, qui selon eux, prend le pays en otage. « Le blocage des activités scolaires est celui de tout le pays. Aucun Etat ne peut exister sans l’école. Nous voulons retourner en classe », exige cette élève qui fait la troisième au Lycée Marie-Jeanne.

Pour Magalie Georges de la confédération nationale d’éducateurs d’Haïti (CNEH), l’attitude adoptée par Jovenel Moïse prouve qu’il n’a aucun intérêt à la réouverture des classes. Il justifie ses arguments par les propos tenus par Jovenel Moïse au Palais national récemment lors de sa conférence de presse.

« Nous voulons que les activités scolaires reprennent afin que nous puissions poursuivre notre mission qui consiste à éduquer les enfants du pays », indique Magalie Georges.

« Nous avons décidé de gagner les rues pour faire entendre nos cris. Moïse refuse de plier bagages alors qu’il se révèle incapable de répondre aux besoins de la population. Il veut garder le pouvoir en dépit du fait que les conditions de vie dans le pays se détériorent de plus en plus. Nous ne pouvons pas accepter qu'il détruise l’avenir de nos enfants, martèle Georges Wilbert Franck de l’Union nationale des normaliens haïtiens.

Aux Cayes, à Jérémie et à Saint-Marc, le spectacle n’était pas différent. A  l’appel de plusieurs syndicats d’enseignants et d’organisations de parents d’élèves, plusieurs centaines d’écoliers et leurs parents, de responsables d’établissements scolaires ont battu le bitume pour réclamer la démission de Jovenel Moïse afin que les écoles puissent recommencer à fonctionner.

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