Mardi 15 Octobre, 2019

Des enfants de nazis racontent leur histoire familiale pour commémorer l'Holocauste

Ulrich Gantz dont le père a appartenu aux Einsatzgruppen participent le 17 janvier 2019 à Lausanne à une réunion organisée par la CICAD

Ulrich Gantz dont le père a appartenu aux Einsatzgruppen participent le 17 janvier 2019 à Lausanne à une réunion organisée par la CICAD

La scène peut sembler familière à beaucoup d'entre nous: une famille se rassemble autour d'une table de cuisine après la mort d'un parent pour échanger des souvenirs de sa vie qui vient de s'achever.

Il avait pourtant réclamé à plusieurs reprises que son père Helmut lui raconte son expérience pendant ces années troubles, mais il s'était toujours heurté à un mur de silence.

Aujourd'hui septuagénaire, il ne peut dissimuler son émotion en évoquant cette journée, lors d'une rencontre dans un musée de Lausanne, en prévision de la Journée du souvenir de l'Holocauste le 27 janvier.

Des enfants de résistants français tués par les nazis, comme Jean-Michel Gaussot et Yvonne Cossu, ont également participé à cette rencontre inhabituelle, organisée par l'association suisse CICAD (Coordination intercommunautaire contre l’antisémitisme et la diffamation).

Ces témoignages font partie d'un effort plus large destiné à combattre la propagande révisionniste et "certaines idéologies néfastes et nauséabondes" qui permettent à la négation de l'Holocauste de perdurer, a déclaré à l'AFP Johanne Gurfinkiel, secrétaire général de la CICAD.

Pour Ulrich Gantz, la charge émotionnelle suscitée par le récit du passé nazi de son père n'a pas été le seul obstacle qu'il a dû surmonter avant d'accepter de participer à cette rencontre.

"C’est une question que je me pose et que, je pense, chacun ici a besoin d'affronter: quand dois-je dire non? Où est la ligne rouge? Quand dois-je dire non et de quoi ai-je besoin pour pouvoir le dire?"

Barbara Brix a déclaré qu'elle imaginait que son père utilisait ses compétences de médecin pendant la guerre pour soigner les blessés, avant de découvrir la vérité.

- Mêmes valeurs -

Pour cet ancien diplomate, participer à une telle rencontre était un effort moins lourd émotionnellement, car il venait raconter l'histoire d'un père héroïque, pas dévoiler un secret de famille honteux.

"Entre nous, il y a une véritable coopération parce qu'il se trouve que nos deux amis allemands, enfants de persécuteurs nazis, et nous-mêmes, nous partageons les mêmes valeurs."

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