Jeudi 17 Octobre, 2019

Des déclarations du candidat Jovenel Moïse rattrapent le président

Capture d'écran / Radio Télé Ginen/ Crédit vidéo : Radio Télé Ginen

Capture d'écran / Radio Télé Ginen/ Crédit vidéo : Radio Télé Ginen

Un extrait de vidéo vient faire un croc-en-jambe à l'appel au dialogue du président de la République Jovenel Moïse. Alors candidat, il décochait des des flèches enflammées vers Jocelerme Privert, président provisoire à l'époque.

"[...], je ne pense pas qu'il soit l'homme indiqué pour conduire ce dialogue [...] Il doit se rendre compte qu'il a échoué et il doit tirer la révérence [...]", martelait avec une ferme conviction l'entrepreneur candidat Jovenel Moïse. Ce dernier participait à l'émission "Di l jan l ye" sur Radio Ginen, le mardi 3 mai 2016.

 

Dans cet extrait, disponible sur la chaîne Youtube de Radio Télé Ginen, on peut voir Jovenel Moïse, alors en campagne, égrener une liste de victimes (mortes par balles) dans son camp. Se plaignant de n'avoir reçu aucune explication de la part du pouvoir d'alors, M. Moïse avait imputé la responsabilité de ces assassinats, et autres attaques violentes contre son camps, à l'ex président Jocelerme Privert.

Il accusait ce dernier de s'être démarqué de la mission à lui confiée par l'accord du 5 février 2016. Le candidat Jovenel Moïse se disait aucunement disposé à dialoguer avec un président provisoire qui, selon lui, n'a pas suffisamment prêché la paix, l'entente et la réconciliation. Relayé sur les réseaux sociaux, cet extrait a été également diffusé à deux reprises à l'émission "Ramase" du samedi 28 septembre 2019.

Depuis sa prise de pouvoir le 7 février 2017, le président Jovenel Moïse n'a cessé de réitérer son appel au dialogue. Il a tour à tour mis sur pied un comité de pilotage des Etats généraux sectoriels de la Nation ; un comité de facilitation du dialogue inter-haitien pour finalement octroyer la responsabilité du dialogue à l'ancien Premier ministre Jean-Henry Céant. Jovenel Moïse avait désavoué ce dernier qui a pu, quand-même, rassembler des acteurs de la crise, le 22 janvier 2019, au Centre de convention de la banque de la république d'Haïti (BRH).

Si au départ, l'aile dite modérée de l'opposition s'est dite prête à participer au dialogue, le plus récent appel de chef de l'État, s'est vu rejeté en bloc par la classe politique. En effet, lors de son dernier adresse à la nation, le président Jovenel Moïse a tendu la main aux principaux secteurs du pays, en signe d'ouverture au dialogue, soutenant qu'il veut répondre à la violence politique par le dialogue.

 

Le chef d'Etat a aussi, durant son adresse à la nation, invité tous les acteurs à observer une "trêve historique" pouvant aboutir à la formation d'un gouvernement d'union nationale. Son offre a été rejetée par l'opposition qui, hier 27 septembre, a organisé une journée de mobilisation pour exiger le départ du chef de l'Etat.

Dans une note rendue publique le même jour de cette nouvelle journée de mobilisation contre Jovenel Moïse, la Conférence Episcopale d’Haïti (CEH) a pris position sur la crise. Pour la CEH, les actuels dirigeants, élus et responsables politiques du pays, sont tous responsables de la réalité actuelle. Les Evêques catholiques haïtiens les invitent donc, particulièrement le président Jovenel Moïse, à tirer les conséquences "de leurs échecs accumulés".

 

Alexandre Michel

 

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