Samedi 23 Mars, 2019

Des chrétiens de Jordanie rêvent de placer leur vin sur la carte mondiale

Omar Zumot, viticulteur jordanien, goûte un vin dans son chai Saint George à Zahab, le 5 novembre 2018 en Jordanie

Omar Zumot, viticulteur jordanien, goûte un vin dans son chai Saint George à Zahab, le 5 novembre 2018 en Jordanie

Conquérir le marché international avec leur vin: c'est l'ambition de deux familles chrétiennes de Jordanie qui s'efforcent de relancer l'industrie viticole vieille de plusieurs siècles, voire millénaire, dans ce pays. Mais le chemin est encore long.

La viniculture ici est "vieille de plus de 2.000 ans mais elle avait disparu pendant des siècles", affirme à l'AFP le directeur de l'entreprise vinicole Saint George, Omar Zumot, qui a suivi en France des études sur l'élaboration du vin.

Faisant le tour des 700 tonneaux en chêne d'origine française installés dans son entreprise, dans la banlieue est d'Amman, M. Zumot explique: "Nous produisons 400.000 litres par an à partir de 30 différents cépages, des raisins auxquels ni pesticides ni produits chimiques n'ont été ajoutés".

- Romains et Byzantins -

"Nous avons créé la première entreprise (de la famille Haddad) en 1975", à Zarka près d'Amman. "Nous produisions du blanc et du rouge à partir de cépages cultivés à Soueïda en Syrie", explique Firas Haddad.

Selon l'archéologue suisse Ueli Bellwald, la viniculture est née en Jordanie il y a plusieurs milliers d'années et a connu son apogée à l'époque romaine puis byzantine. À Petra, où il a travaillé pendant 27 ans, on a découvert des ruines de "82 sites de production de vin", dont certains sont gigantesques, dit-il.

Formées de projections basaltiques volcaniques, à 840 mètres d'altitude, elles disposent d'une nappe phréatique et jouissent de soleil 330 jours l'année, se félicite M. Haddad. Autant de conditions favorables à la création d'un vin "exceptionnel", selon lui.

Jordan River produit annuellement quelque 500.000 bouteilles de vin rouge et blanc, dont 90% écoulées sur le marché local. Une quantité très limitée part à l'export. "Il y a quelques mois, nous avons exporté une cargaison en Australie, une autre est en route pour la Californie aux États-Unis et une troisième sera envoyée bientôt à Paris", indique M. Haddad.

Les deux familles organisent des visites ouvertes aux touristes.

Un verre de vin rouge à la main, Frédéric, un touriste français, se dit lui aussi "surpris d'apprendre que la Jordanie, un pays à majorité musulmane, est producteur de vin".

Les deux touristes jugent les prix relativement chers.

Et le vin jordanien reste relativement rare: "la production est faible en raison du climat aride", souligne M. Zumot.

Mais les amateurs s'y retrouveront, veulent croire les deux familles productrices.

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