Mardi 20 Août, 2019

Haïti: des bandits posent des conditions pour déposer les armes

Cette photo sert uniquement d'illustration à cet article

Cette photo sert uniquement d'illustration à cet article

Certains redoutables chefs de gangs de la capitale haïtienne se disent prêts à déposer leurs armes, mais ils posent leurs conditions. 

La commission nationale de désarmement, de démantèlement et de réinsertion (CNDDR) a eu des échanges avec des chefs de gang dans plusieurs régions de la zone métropolitaine de Port-au-Prince dont ceux de Cité Soleil, de la Saline, de Fort Dimanche, de Martissant, de Savien et celui d’Arnel Joseph, a fait savoir l’un des membres de la  commission Jean Rebel Dorcénat.

Si certains de ces caïds se disent prêts à remettre les armes sans aucune condition, d’autres font de nombreuses exigences. Ti Houngan, l’un des chefs de Cité Soleil, le plus grand bidonville du pays, réclame la construction d’un centre de formation professionnelle dans sa juridiction. « Les jeunes de Cité Soleil doivent avoir la possibilité d’apprendre un métier pour assurer leur survie. Ils ne doivent pas avoir le port d’arme comme l’unique option », des déclarations de Ti Hougan rapportées par le commissionnaire Jean Rebel Dorcénat.

Le chef de gang de Grand Ravine Bougòy exige, lui aussi une école professionnelle pour déposer les armes.

Arnel Joseph l’homme le plus recherché par la police qui s’est réfugié depuis quelques temps à Marchand Dessalines, exige un magasin agricole dans cette commune. Il serait prêt disposé à abandonner le banditisme pour s’adonner à des activités agricoles, a précisé Monsieur Dorcénat.

Kris la, le chef de gang de Ti Bwa demande à la commission de faciliter l’intégration dans les activités de la CNDDR de l’un de ses fils qui a composé une chanson pour réclamer la paix en Haïti. Celui de la Croix-des-bouquets Lanmò Soljou qui est à la tête d’une base de 349 hommes de mains exige entre autres l’électricité, l’eau dans son quartier pour renoncer à la criminalité.

L’une des plus grandes exigences faites par ces chefs de gang accusés d’assassinat, de viol, de vol, d’association de malfaiteurs et de kidnapping à la commission est la suspension des poursuites judiciaires engagées à leur encontre. A cette exigence, la CNDDR les a clairement indiqué que les membres de la commission ne peuvent pas remplacer la justice.

M. Dorcénat tire la sonnette d’alarme sur le fait que ces groupes armés soient constitués en majorité de jeunes âgés de 15 et 24 ans.

Par ailleurs, Jean Rebel Dorcénat qui est chargé de mener les négociations avec les bandits armés au sein de la commission, condamne des menaces dont il affirme être l’objet dans le cadre de ce travail ainsi que les autres membres de la CNDDR.

Monsieur Dorcénat a aussi indiqué que les bandits lui ont confié qu’ils travaillent pour des gens du secteur privé. Des membres de l’équipe au pouvoir et ceux de l’opposition sont en de mèche avec les bandits, a-t-il fait savoir.

Certains bandits affirment être l’objet des pressions de la part des hommes politiques pour semer la pagaille dans les manifestations.

Recevez gratuitement les dernières nouvelles d'Haïti et d'ailleurs directement sur votre téléphone en téléchargeant l'App de Loop News :