Dimanche 15 Décembre, 2019

Déportation massive des Haïtiens après les tensions de Pedernales

Frontière Haitiano-Dominicaine Photo: Listin Diario

Frontière Haitiano-Dominicaine Photo: Listin Diario

Le Groupe d’Appui aux Rapatriés et aux Réfugiés (GARRR) a réagi contre la campagne xénophobe menée contre les Haïtiens à Pedernales cette semaine. Selon la responsable de communication, Géralda Sainvil, les autorités dominicaines profitent actuellement de la situation pour rapatrier des migrants sur plusieurs points de la frontière. Dans une note publiée sur son site, l’organisme de protection des migrants avait déjà dénoncé ces faits ainsi que les violences perpétrées contre les Haïtiens à Pedernales, lundi dernier.

« En déportant ainsi ces compatriotes, les autorités dominicaines violent les mécanismes sur l’accord signé entre les deux pays en décembre 1999, qui les obligent à rapatrier les migrants uniquement sur 4 points frontaliers officiels », dit Mme Sainvil dans une interview téléphonique accordée à Loop Haïti. Selon elle, plusieurs bus ramènent les Haïtiens « massivement » toutes les heures à Ouanaminthe, Dajabón, dans le Nord-est et à Pedernales.

« Or, le traité reconnait seulement les déportations qui se font entre 8 heures du matin et 6 heures du soir », poursuit Mme Sainvil qui dénonce également les conditions infrahumaines dans lesquelles ces personnes sont transportées. Ce sont les organismes qui se chargent généralement d’accueillir ces gens, car les autorités locales sont souvent en manque de moyens.

« L’Office Nationale de la Migration (ONM) ne peut pas agir seul et demande très souvent le soutien d’autres institutions comme l’OIM qui a situé 4 postes d’accueil », fait-elle savoir. Toutes ces institutions coopèrent avec l’ONM actuellement pour améliorer les conditions de réadaptation des rapatriés.

Géralda Sainvil affirme que les dominicains ont également sécurisé les points frontaliers pour empêcher les travailleurs haïtiens de traverser la frontière. « Les habitants de Cornillon pensaient qu’ils pouvaient franchir la frontière pour aller vaquer à leurs activités, mais les soldats dominicains les en empêchent catégoriquement », précise Mme Sainvil.

Mme Sainvil a profité de notre entrevue pour rappeler que son institution s’efforce de garantir une protection aux migrants, particulièrement aux mineurs. Le 2 février dernier, GARRR a réalisé un atelier de formation avec plusieurs citoyens de Lascahobas sur la protection des rapatriés mineurs non accompagnés.  

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