Vendredi 24 Janvier, 2020

Demwazèl prend officiellement son envol

Les membres fondateurs de la plateforme " Demwazèl"
Crédit photo: Taris Photographie

Les membres fondateurs de la plateforme " Demwazèl" Crédit photo: Taris Photographie

La plateforme Demwazèl a été officiellement lancée ce samedi 11 janvier 2020 au complexe Trois 27. Un “launching” qui a fait salle comble pour une cause noble défendue par cinq jeunes femmes et à laquelle s'adhère plus d’un.

Ce sont Michel Joseph et Taïna Camy, les deux MC de la soirée, qui ont donné le ton à l'initiative ce samedi. Après l'entonnement du premier couplet de la Dessalinienne via la voix de la jeune chanteuse Tafa Mi-Soleil, Marcna Andy Pierre, leader et co-fondatrice de "Demwazèl" a tenu son discours de circonstance. Une allocution empreinte d'engagement durant laquelle Pierre a réitéré leur promesse de tout mettre en oeuvre afin d'atteindre leur objectif: celui de venir en aide aux filles âgées de dix à dix-sept ans. Ces dernières, selon les co-fondatrices de Demwazèl, sont souvent victimes de nombreux maux dans leurs communautés.

De "Ouanga Nègès", à "Demwazèl", en passant par "Hirondelle" et "Mademoiselle", le projet a eu un parcours assez long avant d'atterrir. Le projet est alimenté par les expériences personnelles de chacune de ces jeunes femmes ayant décidé de se mettre ensemble pour mener ce combat. Et oui, Marcna Andy Pierre, Annie Thamar Garçon, Johanne Elima Chachoute, Stéphanie Boucher et Nerlyne More ne souhaitent plus que des petites filles soient touchées par ces fléaux que sont le viol, l'attouchement entre autres, comme la plupart d'entre elles l'ont été. Des jeunes femmes autonomes, éduquées sexuellement et libres économiquement, voilà ce que prône "Demwazèl". Un travail qui implique non seulement les petites et jeunes filles, mais aussi leurs parents.

"Etre Demwazèl en 2020", ce que cela implique, les perspectives à explorer et les mesures à prendre: le thème choisi a suscité un long débat au cours de la soirée de lancement. Marie Murielle Morné, responsable de Bote kreyòl et le professeur Auguste D'meza ont été les deux intervenants de cette causerie modérée par la jeune juriste Vita Pierre. La première intervenante a insisté sur les différences entre une "Demwazèl" des années précédentes et celle d'aujourd'hui, mais aussi et surtout sur le fait qu'on n'apprend pas aux filles et femmes à "négocier leur sexualité"; et le second s'est concentré sur notamment la stratégie que la plateforme "Demwazèl" devra embrasser pour accomplir sa mission. Professeur D'meza a souligné entre autres la mise sur pied de campagnes de formation pour les filles, la mise en avant de la question dans l'espace des médias, la déconcentration des activités. Le débat, très animé, a été suivi d'interrogations de l'assistance.

Cette première sortie officielle de "Demwazèl" a été soldée par une "réussite", se félicitent les tenants de l'événement. Les initiatrices, qui promeuvent leur mouvement autour du slogan "Donnons du zèle aux Elles", ont également salué la belle affluence dont a fait l'objet cette activité. Vivement que le travail continue afin que de sérieux changements s'opèrent.

 

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