Dimanche 26 May, 2019

A défaut de recette, l’opposition a semé le trouble à Port-au-Prince

Plusieurs pare-brises de véhicules cassés, des barricades de pneus enflammés par endroit… la manifestation de l’opposition organisée ce vendredi 29 mars à Port-au-Prince, était émaillée de violences. Ce mouvement qui a réuni au départ des centaines de protestataires, s’est réduite à quelques dizaines à la fin. La manifestation qui a été dispersée à coup de gaz lacrymogène au niveau de Delmas 32, n’a pas atteint le Palais national, sa destination finale.

Le rendez-vous était fixé sur la place Dessalines au Champs-de-mars, lieu de rassemblement. Bandes de rara, slogans de toutes sortes contre le régime en place, la foule grossit peu a peu. Les revendications n’ont pas changé : “départ du Président Jovenel Moïse et la tenue du procès Petrocaribe”.

Avec à sa tête le leader de “Pitit Dessalines”, la manifestation sillonne Champs-de-mars, Sans-fil, rue Tirremasse, Bel-air pour pointer l’Auto-route de Delmas. Moïse Jean Charles n’entend pas lâcher prise, le Président de la République doit partir. “Jovenel Moise continue de piller les caisses de l’Etat. C’est intolérable. On doit chambarder ce système et changer de leadership”, fait savoir l’ancien candidat a la Présidence.

Au bas de Delmas, les manifestants ont tenté de brûler des pneus, mais leurs multiples tentatives sont déjouées par la police. Sur cette voie, les opposants au pouvoir se montrent très violents, ils ont cassé plusieurs pare-brises de voitures, particulièrement, des véhicules de transport en commun, dans la zone de Delmas 28B. Encore sous le choc, ce chauffeur d’un minibus, blessé au bras, explique qu’il a été la cible de jet de pierres, alors qu’il transportait de nombreux passagers à bord.

Même les journalistes n’ont pas été épargné par la fureur des militants de l’opposition. Jean Paul Lundi, un confrère de Radio Television Caraïbes, est même agressé verbalement. Quelques instant plus tard, le calme revient. La manif suit son cours normal. Direction : Champs-de-mars, en passant par Delmas 32, puis Lalue.

En plus des propos hostiles proférés au locataire du Palais National, certains manifestants sont munis de drapeau Russe. “Nous sommes reconnaissants envers la Russie, qui était le premier pays à reconnaître l’indépendance d’Haïti. Donc, nous réclamons l’aide de Vladimir Poutine, et nous rejetons l’appui des Etats-Unis”, soutiennent ces opposants.

Arrivés à l’intérieur de Delmas 32, des manifestants, très violents, ont déversé de grosses pierres, de barricades sur la chaussée. Dans cette zone, ils ont cassé a nouveau plusieurs pare-brises de véhicules privés et de transport en commun. Dépassés, les forces de l’ordre dispersent les protestataires a coup de gaz lacrymogène.

Les manifestants, même s’ils sont en petit nombre, accuse le pouvoir en place, d’avoir ordonné à la police de disperser le mouvement. A Lalue, ils sont quelques dizaines à se diriger vers le Palais National. Le mouvement de protestation contre le regime Tèt Kale, est-il en chute libre ? Josué Merilien, membre de l’opposition justifie et argumente :“dans tout mouvement, il y a des hauts et des bas. On a pas rassemblé 1 million de personne dans les rues, mais la protestation se poursuit, puisque rien ne fonctionne dans le pays. L’essentiel, on est là et on exige à ce que le système soit changé”.

Faute de recette, les opposants n’ont pas pu atteindre le Palais national comme prévu. La manif qui descendait sur Lalue, pratiquement sans aucun figure de proue de l’opposition, s’est diluée a l’angle de l’avenue John Brown et de la rue Lamarre. En attendant un nouveau rendez-vous, les militants sont rentrés calmement chez eux.

 

Luckson SAINT-VIL

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