Mercredi 23 Octobre, 2019

De New York à un village mexicain, parcours inversé pour des enfants de clandestins

Photo: AFP

Photo: AFP

Les tours de Manhattan leur sont plus familières que les modestes maisons en briques, à flanc de colline, de ce village isolé du centre du Mexique d'où ils sont pourtant originaires.

"La petite de 4 ans ne me parle qu'en anglais et moi je ne comprends rien à cette langue" s'amuse Maria, 57 ans, après avoir accueilli ses quatre nièces.

Mais leurs parents n'ont pas pu les accompagner, ne voulant s'exposer à une arrestation à la frontière et une probable expulsion.

A leur descente du mini-bus, les enfants rejoignent leurs proches qui les attendent avec des fleurs ou un cadeau à la main, et leurs lancent des cotillons.

La communication n'est pas toujours aisée, certains aînés ne parlant que le nahuatl, la langue pré-hispanique, et certains enfants s'exprimant difficilement espagnol.

- Ici Américaine, là-bas Mexicaine -

"Environ 40% des jeunes émigrent car il n'y a pas de travail ici" explique le maire Esteban Ramirez Rosales, qui estime qu'environ 2.000 personnes sont parties au fil des années, principalement vers New-York.

"C'est un événement symbolique de regroupement familial dans la communauté d'origine, et non aux Etats-Unis" explique à l'AFP Francisco Romero, un des organisateurs de l'événement.

A travers cette première rencontre, les organisateurs veulent "renforcer le tissu social binational" et promouvoir l'entente mutuelle "entre les communautés mexicaines et américaines".

"Parfois les enfants ne nous croient pas quand nous leur disons d'où nous venons, explique par téléphone à l'AFP la mère de trois filles venues depuis New York, qui préfère garder l'anonymat. Elles ne mesurent pas la valeur de ce qu'elles ont".

"C'est calme ici. Il n'y a pas de bruit des voitures. J'aimerais que mes parents nous accompagnent la prochaine fois" regrette Vanessa, 14 ans, assise près de ses soeurs sous la photo de mariage de leurs parents, fixée au mur du salon, près d'un petit autel religieux.

"Là-bas, je me sens mexicaine, et ici je me sens américaine" confie l'adolescente, fan de Beyonce.

Avec les autres enfants du voyage, ils se sont entraînés pour présenter durant leur séjour aux habitants de Teopantlan leur "danza de las moras".

"Cette danse, c'est un lien entre nous malgré la distance" souligne Mauro.

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