Dimanche 17 Juin, 2018

De grands musiciens haïtiens sur les murs du Palais

Une galerie de trente-trois portraits d'artistes haïtiens célèbres exposés sur les murs du Palais présidentiel. Photo : Rosny Ladouceur

Une galerie de trente-trois portraits d'artistes haïtiens célèbres exposés sur les murs du Palais présidentiel. Photo : Rosny Ladouceur

Un musée à ciel ouvert. Une galerie de trente-trois portraits qui recouvre toute l’histoire musicale haïtienne. L’exposition « Je me souviens » piaffe sur les murs du Palais présidentiel.

« Lui, c’est Ti Paris, natif de Jacmel. Il traînait sa guitare jusqu’à Port-au-Prince où il grattait son troubadour aux racines créoles », souffle un vieil homme, perdu dans la gouache d’Achile, auteur de l’hymne Lina, qu’on croit taillé pour une génération de compositeurs qui ont pillé la ligne mélodique.

 

La voix tendre et plaintive du chanteur surfe ici dans sur un mielleux troubadour que Beethova Obas, digne héritier du chanteur, va reprendre par la suite en mode compas.

Mais au-delà d’Achile qui hante encore la mémoire de toute une époque musicale où la créativité était mariée à la passion et au talent, il y a dans la foulée Issah El Saieh, saxophoniste né à Petit Goâve de parents palestiniens, célèbre compositeur du morceau culte « Woman in love », il adapte en musique « Choucoune », « Haïti chérie », « La sirène », « La baleine », « Kouzen ».

Le saxophoniste Issah El Saieh, celui qui s'est frotté avec de grands noms du jazz quand il poursuivait ses études aux USA.

L’exposition « Je me souviens » opère une magistrale traversée historique en passant de Nemours Jean-Baptiste, créateur du Compas, à Webert Sicot, de Joseph « Joe » Trouillot (« crooner au timbre expressif ») à Michel Degrottes,  trompettiste virtuose à la tonalité atypique.

Le chanteur Joe Trouillot, crooner au timbre expressif et a l'energie debordante.

Une galerie de trente-trois portraits qui forment le socle du panthéon musical haïtien : Gérard Dupervil, Gardner Lalane, Roger Colas, Ulrick Pierre-Louis, Anthony « Tony » Moïse, Yvon Louissaint, Émile Volel, « Ti Manno », Almando Keslin, Raymond « Ti Roro » Ballergeaau, sans oublier Dodof Legros dont le nom fut immortalisé par Guy Durosier dans la chanson fétiche « Si w al an Ayiti ».

Le trouvère provocateur, le chansonnier engagé et le parolier explosif Manno Charlemagne est aussi vénéré dans ce vibrant hommage que moins d'une dizaine de jeunes ont rendu à travers  leurs portraits brossés pour déterrer un grand pan de notre mémoire musicale sombré dans l'ombre. Ont contribué à cette série de portraits : Frantz Pierre-Louis  et de Jimmy Maxon de l'atelier Sixieme sens de Bolosse, de Walgens Pierre-Jean, Samuel Fleurimond, Papouche Romilus, Patrick Delice, Chandler Brescard et de Lorvens Lovens issu de l'Atelier Cité Soleil

 

Boulo Valcourt, Georges Lys Hérard « Master-J », Ansy Dérose, Black Alex et Black Easy, Gérald Merceron (à la fois musicologue inoubliable et musicien multi-instrumentiste, critique musical), ainsi qu’Althiéry Dorival piaffent sur les grilles-façade du palais présidentiel.