Lundi 16 Décembre, 2019

Cuba vers une nouvelle Constitution, après trois mois de débats

Une affiche de la réforme constitutionelle cubaine à La Havane, le 13 novembre 2018

Une affiche de la réforme constitutionelle cubaine à La Havane, le 13 novembre 2018

Cuba boucle jeudi trois mois de débats populaires sur la réforme de sa Constitution: le texte, qui reconnaît la propriété privée et ouvre la voie au mariage homosexuel, sera peaufiné par l'Assemblée puis soumis à référendum en février.

Les chiffres qu'il a dévoilés sont impressionnants: 7,4 millions de Cubains (sur 11 millions d'habitants) ont participé à 110.000 débats, organisés par quartier, centre de travail, université...

"Seuls 600.000 ont formulé une proposition directe, pas juste une opinion ou leur soutien au projet, et seuls 27.000 ont proposé d'ajouter quelque chose au projet" et non de le modifier ou l'amender, ce qui selon lui s'explique par la crainte de s'exprimer et "l'énorme scepticisme" sur la réelle prise en compte de leur avis.

- Le mariage gay, une "diversion"? -

Cela ouvre la voie au mariage homosexuel dans une île où, dans la foulée de la révolution castriste en 1959, cette communauté a été harcelée, voire envoyée en camps de "rééducation", puis exclue de tout emploi public avant d'être progressivement acceptée.

"Moi je suis favorable au mariage pour tous", confie à l'AFP Abraham Jiménez, directeur du média en ligne El Estornudo.

Il cite la propriété privée, désormais reconnue dans la Constitution mais qui ne doit pas être "concentrée": "C'est l'un des points les plus faibles et ambigus du texte, car (...) cela parle de richesse mais sans dire clairement jusqu'à quel point on peut être riche".

Derrière cette question se dessine l'effort, initié par l'ex-président Raul Castro, pour actualiser le modèle économique d'une île qui veut rester socialiste mais s'ouvrir à l'activité privée... et l'investissement étranger, qualifié dans la nouvelle Constitution d'"élément important pour le développement économique du pays".

Même préoccupation chez Maykel Galindo, propriétaire d'une maison d'hôtes à La Havane: "Si on cherche des millions (pour soutenir l'économie, ndlr), je me demande pourquoi on ne regarde pas dans le pays, pourquoi on ne s'intéresse pas aux gens comme moi qui ont envie de développer honnêtement ce pays?"

"C'est une demande du peuple cubain depuis longtemps", assure Julio Antonio Fernandez, mais le scrutin indirect, où les députés du Parti communiste de Cuba (PCC, unique) élisent le président, est "un des noyaux durs du projet et je ne pense pas que ça va changer".

Une commission d'experts du PCC remettra bientôt un texte modifié au Parlement, qui l'approuvera en décembre, avant le référendum du 24 février.

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