Vendredi 14 Août, 2020

Crise : des acteurs politiques rejettent l’appel au dialogue de Moïse

Photo d'illustration/ Loop Haiti

Photo d'illustration/ Loop Haiti

Après environ un mois de silence depuis l’aggravation de la crise multidimensionnelle à laquelle le pays est en proie, le président Jovenel Moïse a, dans une adresse à  la nation, lancé un énième appel au dialogue. Toutefois, son message semble ne pas être le bienvenu parmi les acteurs politiques.

Plusieurs acteurs politique ont déjà rejeté la main tendue par le président Jovenel Moïse, proposant un dialogue et la formation d'un gouvernement d'union nationale contre la crise actuelle. C’est le cas par exemple du député de la commune de Cerca-Carvajal, Antoine Rodon Bien-Aimé qui désapprouve le message de Moïse. En réponse à cet appel, le parlementaire appelle toute la population à intensifier la mobilisation pour contraindre le chef de l’Etat à entendre raison et à plier bagage afin, dit-il, de libérer le pays.

Le responsable du grand rassemblement pour l'évolution d'Haïti (GREH) Himmler Rébu, lui, considère que le chef d’Etat, dans son discours, ne mesure pas la proportion de la crise actuelle. Pour l’ancien secrétaire d’Etat à la sécurité publique sous l’administration de Joseph Martelly, le discours de Jovenel Moise est creux. Il dénonce le fait par le locataire du palais national de n’avoir pas fait mention des stratégies qu’il entend mettre en branle pour combattre la corruption, ce phénomène qui handicape le développement du pays. 

« Le partage des postes est la seule perspective offerte par Jovenel Moïse alors que la population fait face à de sérieux problèmes  », s’insurge Monsieur Rébu.

 

Même son de cloche du côté du parti Ayiti An Aksyon (AAA). Le porte-parole de cette structure politique Marc-Elie Nelson estime que le président a raté les occasions idéales pour s’attabler avec ses protagonistes afin de discuter de la crise qui sévit en Haiti. Il rappelle que les dialogues précédents lancés par Jovenel Moïse ont été des échecs cuisants.

« Le président n’a pas de légitimité pour s’adresser à la population » tranche Marc-Elie Nelson.

Pour sa part, le collectif du 4 Décembre estime qu’une fois de plus le président ne s’est pas montré à la dimension de la crise. Toutefois, il dit prendre acte de la décision du chef de l’Etat de revenir, dit-il, sur la composition du gouvernement que conduirait le Premier ministre nommé Fritz William Michel. Il dit prendre aussi acte de son appel à une entente nationale.

Cette structure de la société civile attire l'attention des protagonistes et du président en particulier sur le fait que le dialogue devant permettre d’arriver à cette entente nationale n'est possible que dans le cadre d'une transition fondatrice de l'Etat Nation où l'équipe de pilotage doit répondre aux exigences d'intégrité, de patriotisme et de capacité.

Au lieu de calmer les ardeurs, le discours de Jovenel Moïse semble avoir attisé davantage la colère. Des actes de violences continuent à se produire dans plusieurs endroits du pays quelques heures après son adresse à la nation.

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