Dimanche 15 Décembre, 2019

Connivence entre policiers, gangs et politiciens: les nouvelles révélations de Sénatus

Le sénateur de l’Ouest, Jean Renel Sénatus, révèle que des policiers percevraient chaque weekend, 25 mille gourdes des mains du chef de gang « Lanmò 100 Jou » à Ganthier. Le parlementaire qui intervenait sur les ondes de Magik 9 ce jeudi, dénonce cette pratique « inacceptable », et pointe du doigt l’exécutif et l’opposition dans l’instrumentalisation des bandits armés, à des fins politiques.

Selon le sénateur Jean Renel Sénatus, des officiers de police recevraient de l’argent des mains du chef de gang « Lanmo 100 jou » à Ganthier. « Polisye sa yo resevwa 25 mil goud chak wikenn nan men bandi sa », a révélé le président de la Commission justice et sécurité du Sénat. Selon l'élu de l'Ouest, ces agents de police sont de connivence avec les bandits armés qui terrorisent au quotidien les membres de la population, particulièrement ceux qui fréquentent la route de Malpasse.

Le parlementaire dénonce des autorités et des membres de l'opposition politique qui, dit-il, alimentent ce chef de gang armé à Ganthier en armes à feu et en munitions. « De plus, le groupe armé reçoit également de la nourriture. Pendant les opérations [pays lock], des individus sont armés pour sécuriser ou maintenir les barricades ».

Le sénateur Sénatus souligne que des gangs armés de Port-au-Prince et de certaines villes de province, sont à la solde de l'exécutif et même de l'opposition politique qui réclame le départ du président Jovenel Moïse. « Au lieu d'instrumentaliser ou de manipuler ces jeunes à des fins politiques, il faudrait les inciter à changer de métier », a dit Jean Renel Sénatus, appellant le pouvoir et l'opposition à se démarquer des gangs armés. « Zam sa nou bay gang yo jodi a, l ap tounen kont nou demen », a averti l’ex-commissaire du gouvernement de Port-au-Prince.

Mis à part l'exécutif, Jean Renel Sénatus prend pour responsable le pouvoir législatif, dans la circulation illégale d’armes et la prolifération des gangs dans le pays. Il a pris en exemple, la loi sur la circulation des armes à feu, votée à l'unanimité au Sénat de la République en juillet dernier. Ce nouvel instrument que le sénateur a lui-même proposé, durcit les peines relatives à la détention, le port et la commercialisation illégale d’armes dans le pays. L'élu de l'Ouest déplore le fait que la Chambre des députés n'a pas pu voter cette loi, avant la fin du mandat de la 50ème législature.

Rappelons qu'en début de semaine, Jean Rebel Dorcénat, l'un des membres de la Commission Nationale de Désarmement, Démantèlement et de Réinsertion, avait révélé que plus de 500 mille armes à feu illégales seraient en circulation en Haïti. Selon le commissaire, des membres du secteur privé des affaires, soit au total 11 personnes, sont responsables de l'approvisionnement du marché en armes et en munitions.

« Ces armes circulent et font des morts à Port-au-Prince et dans les villes de province », déplore M. Dorcénat, qui dit dénombrer plus de 96 chefs de gangs sur tout le territoire national.

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