Mercredi 20 Juin, 2018

CONASPEH : « La déclaration de Trump est une opportunité pour Haiti »

Depuis une semaine, de nombreux haïtiens, sympathisants et organisations fulminent un peu partout dans le monde, pour exprimer leurs frustrations et colère face à l’expression « trou de merde » utilisée par le président américain désignant Haiti, le Salvador et des pays d’Afrique.

« Insultant, raciste, désobligeant », les adjectifs ne manquent pas pour qualifier l’acte pour lequel certains seraient prêts au pire. Pour beaucoup, la meilleure réponse à cet affront, serait que tous les haïtiens vivant aux Etats-Unis rentrent au pays ou que le Gouvernement exige la fermeture de l’Ambassade américaine à Port-au-Prince ou encore que tous devraient, à l’instar de cet haïtien, bruler leur visa américain.

 

Cependant, même s’il condamne lui aussi la déclaration déshonorante de l’occupant de la Maison blanche à l’encontre d’Haiti, le Conseil national spirituel des Eglises d’Haiti (CONASPEH), y voit une « opportunité » inattendue pour #Haiti de se ressaisir et reprendre en main son destin. C’est ce qu’ils ont exprimé dans une note publiée cette semaine.

« Nous devons arrêter de voir seulement d’un œil négatif », a lancé, tout de go, Dr. Françoise Vil Villier, PDG du CONASPEH, contactée par Loop Haiti pour plus de détails sur leur manière de voir.

Cette sortie de Donald Trump est selon elle, « une opportunité pour nous autres haïtiens de fouetter notre orgueil et faire ce qu’il faut pour aller de l’avant ».

Selon elle, après ces déclarations, les haïtiens devraient tout d’abord se décider à ne plus jeter des déchets dans les rues comme ils le font tous les jours, suggère-t-elle, ajoutant que les dirigeants de leur coté, devraient envisager des mesures susceptibles de combattre l’insécurité dans le pays afin d’« attirer plus de touristes et profiter pleinement de nos atouts et potentiels ».

Aussi, fait-elle savoir, les dirigeants haïtiens, en collaboration avec la société civile, devraient s'asseoir afin de proposer un plan pouvant générer des opportunités pour les jeunes dans le pays, ce qui devrait contribuer à « freiner l’exode massif de nos cerveaux » vers les pays étrangers.

En campagne électorale, Donald Trump avait promis d’être le Président des Américains et non celui du monde. D’où son slogan  « America First ». Dans un reportage de l’AFP sur le bilan sur ses un an à la maison blanche, des citoyens témoignent des avancées positives enregistrées notamment dans les domaines de l’immigration et l’économie depuis qu’il est devenu président.

Pour la PDG du CONASPEH, il est temps pour Haiti d’avoir des dirigeants ayant pour priorités les  intérêts nationaux. « C’est le moment de cesser le gaspillage de nos produits agricoles, comme c’est le cas avec les tomates, les mangos, pour ne citer que ceux-là », a-t-elle dit.

En même temps, le Conseil national spirituel des Eglises d’Haiti s'en prend à la « mémoire courte » des haïtiens, qui, quelques jours plus tard, ne parleront plus de cet affront mais continuent à envoyer leurs enfants aux Etats-Unis.

Entretremps, ce jeudi, des citoyens haitiens, pancartes en mains, se sont rendus devant l'Ambassade des Etats-Unis à Port-au-Prince, pour réagir aux propos du président américain. Des organisations du « secteur démocratique et populaire » haïtiennes s'y rendront, le 22 janvier 2018, à l’issue d’une manifestation baptisée « marche de la dignité nationale », dans le but de rejeter les propos « racistes » de Donald Trump. D'autres manifestations ont déjà eu lieu notamment à New York et en Floride.