Mercredi 19 Décembre, 2018

Invasion des « fake tweets » en Haiti : comment se protéger ?

La toile est de nos jours inondée de fake news. Les réseaux sociaux sont devenus, depuis quelque temps en Haïti, le théâtre d'une prolifération de screenshot réalisés à partir de tweets ou de post Facebook qui, en fait, n'ont jamais été effectués par les personnalités auxquelles ces messages sont attribués. Journalistes, politiques, artistes et influencers : nombreux sont ceux qui ont été victimes d’une publication classée fake news. Mais nombreux aussi sont ceux qui se laissent prendre dans le piège des manipulateurs en croyant en ces messages et en les partageant à leur tour.

Comment se protéger de ces fausses publications et ne pas se laisser prendre ? Stéphane Vincent, ex-Coordonnateur de l’e-Gouvernance à la Primature nous donne sa réponse : « En premier lieu, il faut vérifier si le compte est vérifié avec un badge bleu, signe qui confirme l’authenticité de ce dit compte. Sinon, à titre de double vérification, il faut visiter le compte authentique pour affirmer si le faux tweet y est », exhorte le passionné du numérique.  « Du reste, poursuit-il, il faut vérifier la police d’écriture pour conformité à celle de Twitter, qui diffère assez souvent de celle des faux tweets ».

Les infox, en général, ont toujours un agenda précis, affirme l’étudiant en droit à Paris. « Tout dépend du pays et d’un contexte bien précis pour arriver à un résultat malicieux. Il n’existe pas de fair play dans le monde de fake news. C’est toujours au but de détourner les esprits et de corrompre », dit-il.

Et aux personnes, généralement des figures publiques, à qui on attribue malencontreusement ces tweets, posts et autres, Vincent les convie à jouer la carte de la vigilance. « Assurément, c’est quasi impossible de repérer toutes les infox à son sujet, mais aussitôt fait, il faut procéder à un démenti formel et un rappel aux principes », a-t-il indiqué à Loop Haïti dans un entretien.

Pour Jean Marie-Altema, ancien Directeur du Conseil national des télécommunication (CONATEL), le phénomène des fake news atteint une ampleur mondiale et touche des milliers d’internautes sur les réseaux sociaux, particulièrement Facebook et Twitter. Elles peuvent provenir de "bot" ou de personnes réelles. Cette pratique lui rappelle les attaques des pirates informatiques qui exercent soit par curiosité, soit pour le plaisir ou encore pour trouver la faille d'un système.

Il souligne que certains le font aussi pour détruire. Les fake news, la polarisation, dit-il, sont un moyen de faire de l'argent, du marchandage, vu que les infox peuvent aller très loin de nos jours. Face à ce danger, l'un des moyens le plus sur pour le combattre reste l'éducation, soutient le spécialiste.

Il suggère par ailleurs aux internautes de toujours "prendre le soin de vérifier la crédibilité de la source de l’information avant de la partager, vérifier le compte officiel de la source pour voir si l'information s'y trouve ou non, et la date de publication".

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