Vendredi 6 Décembre, 2019

Comment gagner 1500 USD avec votre téléphone portable en Haïti ?

Le festival met à disposition- ceci gratuitement- des participants ces matériels haut de gamme. Vous pouvez les procurer en contactant le festival via le courriel fourni dans l'article ou à travers leur page Facebook. Crédit Photo: FFMH/Facebook

Le festival met à disposition- ceci gratuitement- des participants ces matériels haut de gamme. Vous pouvez les procurer en contactant le festival via le courriel fourni dans l'article ou à travers leur page Facebook. Crédit Photo: FFMH/Facebook

L'appel à candidature pour participer au Festival Film Mobile Haïti (FFMH) vient d'être lancé. Les postulants auront à soumettre leur production du 1er au 22 novembre prochain à l’adresse électronique du festival : ffmhaiti@gmail.com. Pour les besoins de la cause, la rédaction de Loop Haiti a rencontré Patricia Jean, la fondatrice de l'événement.

Trois ans de cela, lorsque Patricia Jean a tourné dos au Québec (Montréal, territoire d’accueil depuis l’âge de six ans) pour venir s’installer en Haïti, rien ne préfigurait dans son agenda que ce déplacement aurait conduit à la mise en place du tout premier festival de film mobile en Haïti. Elle voulait tout bonnement participer, s’impliquer au développement de son pays, disait-elle avec un sourire facile. « L’implication citoyenne est un héritage de mes parents », pour elle.

À mesure que les jours s’égrènent, l’idée d’engagement qui a germé dans l’esprit de Jean a accouché du réel, et la première édition du Festival de Film Mobile en Haïti (FFMH) en est la preuve concrète. « L’idée c’est d’encourager les membres de la population à prendre leur cellulaire et monter un court documentaire qui peut durer de trois à sept minutes maximum », informe-t-elle.

S’il y a au moins une seule chose que Jean en ait une conscience claire et précise : les gens ont besoin de dire et, parfois, les moyens ne sont pas à leur disposition. Par conséquent, cette initiative veut pallier à cette peur de s’extérioriser. « Raconter des histoires, poser des questions qui leur tiennent à cœur, initier des dialogues sur des sujets d’intérêt général fermentent la démarche du festival », explique-t-elle.

Récemment, la plateforme d’information en ligne AyiboPost a tiré la sonnette d’alarme sur le stade déréliction du cinéma en Haïti, du moins le « cinéma national », si la formule peut soutirer du sens. Certains acteurs clés du septième art sont interviewés, à l’occasion, mais la démarche n’a abouti qu’aux vieilles rengaines connues de tous : absence de salle de cinéma dans le pays, l’Etat haïtien qui s’est détourné du regard les réalisateurs, le problème de financement dans le domaine entre autres.

Toutefois, le plasticien Oldy Joël Auguste, également monteur du film GNB contre Attila, a sorti la tête de l’eau en fonçant le couteau dans la plaie. « La plupart de nos contenus cinématographiques se sont refermés sur eux-mêmes sans aucune portée universelle. C’est l’un des handicaps majeurs au développement du cinéma haïtien », pince-t-il. Autant dire qu'il y aussi une panne de créativité dans l'industrie du cinéma dans le pays. 

Ces raisons évoquées plus haut ont aussi taraudé l’esprit de Patricia Jean en instituant le festival du film mobile. À la seule différence, elle n’a pas fait que rappeler ou conjurer le sort, elle a posé une action solide dans l’idée d’influer le cours du système. « Nous avons constaté que le contenu local s’efface à la télévision en Haïti, alors ce festival encourage à vendre un contenu haïtien », explique-t-elle.

« Que vous soyez amateur ou professionnel, nous vous attendons », indique Jean à tous ceux qui désirent se jeter à l’eau mais hésitent encore. Cerise sur le gâteau. Le festival met à disposition des potentiels participants des matériels électroniques de haute gamme pour mener à bien cette tâche. Les intéressés peuvent soumettre une requête pour matériels à l’adresse électronique suivante : ffmhaiti@gmail.com ou à travers la page Facebook du festival.

Le festival admet aussi le travail d’équipe, une façon de ne pas ériger de barrière à quiconque. « Dans l’environnement haïtien nous savons qu’il n’y  pas d’excellent réalisateur avec un téléphone cellulaire, voilà pourquoi les participant peuvent recourir à des professionnels du genre », renchérit Patricia Jean, avant d’informer que le festival a déjà organisé un atelier de perfectionnement de quatre jours, au cours du mois d’aout dernier, toujours dans l’objectif d’encourager les gens à y participer en effectif.

Des coaches d’images sont disponibles pour aider les participants à faire le montage. La grande finale est prévue les 7 et 8 décembre, à la maison Gingerbread à Pacot (Port-au-Prince), et les primes s’élèvent à 3,000 dollars américains. 

Une idée neuve et originale qui a déjà fait un carton ailleurs, et qui a propulsé de jeunes réalisateurs-amateurs sur des scènes beaucoup plus clémentes. Personne ne sait de quoi demain sera-t-il fait.  

Websder Corneille

Twitter: @webscorneille

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