Mercredi 15 Juillet, 2020

Colombie: l'ELN libère six otages, le président les veut tous libres

Photo transmise par les services de l'Ombudsman colombien des otages libérés par la guérilla de l'ELN lors d'une conférence de presse avec l'Ombudsman Carlos Alfonso Negret (à droite), dans le département de Choco, le 12 septembre 2018.

Photo transmise par les services de l'Ombudsman colombien des otages libérés par la guérilla de l'ELN lors d'une conférence de presse avec l'Ombudsman Carlos Alfonso Negret (à droite), dans le département de Choco, le 12 septembre 2018.

La guérilla colombienne de l'Armée de libération nationale (ELN) a libéré mercredi six de ses otages, mais le président Ivan Duque a maintenu son exigence que la rébellion relâche la totalité de ses prisonniers.

Ils ont été remis à une commission humanitaire composée du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), de l'Église catholique et du Défenseur du peuple, organisme public chargé de la protection des droits humains.

La libération a eu lieu "au milieu d'un important déploiement militaire" et "en dépit des difficultés et des obstacles mis par le gouvernement", a pour sa part affirmé le commandant Uriel, du Front de guerre occidental Omar Gomez de l'ELN, qui avait revendiqué ces enlèvements.

- Duque reste ferme -

"Le principe d'une réelle volonté de paix passe par la libération de tous les otages", a déclaré le chef de l'État, depuis Pasto (sud-ouest). "Et si nous voulons construire une paix avec ce groupe armé, eux-mêmes doivent commencer par une volonté claire, qui est la suspension de toutes les activités criminelles".

Lors de sa prise de fonction le 7 août, le président de droite Ivan Duque s'était donné un mois pour décider de la suite de ces négociations. Au terme de ce mois, il avait exigé samedi que la guérilla libère tous ses otages et cesse toute activité criminelle.

Elle avait cependant indiqué qu'un "plan unilatéral de remise en liberté" de six personnes était "en préparation".

Si l'accord avec les Farc a diminué l'intensité du conflit en Colombie, la violence continue, notamment dans les zones frontalières, épicentres de divers trafics, en particulier celui de la cocaïne, dont la Colombie est le premier producteur mondial.

Inspirée des idées du révolutionnaire Che Guevara et comptant encore quelque 1.500 combattants, l'ELN est considérée comme la dernière rébellion active du pays depuis l'accord de paix signé fin 2016 avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxistes), aujourd'hui transformées en parti politique sous le même acronyme.

Les analystes soulignent la difficulté de négocier avec cette guérilla du fait de sa structure fédérale, qui donne voix à chaque front, contrairement à l'organisation très centralisée de l'ex-guérilla des Farc, qui comptait environ 7.000 combattants.

Un accord de paix avec l'ELN permettrait de mettre fin à la guerre qui déchire la Colombie depuis plus d'un demi-siècle. Au fil des décennies, ce conflit complexe a impliqué une trentaine de guérillas, des milices paramilitaires d'extrême-droite et les forces armées, sur fond de violences des narco-trafiquants, faisant environ huit millions de victimes entre morts, disparus et déplacés.

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