Jeudi 2 Avril, 2020

Colombie: le président Duque prend ses fonctions dans un contexte compliqué

Le président-élu colombien Ivan Duque pendant la présentation de son livre "L'Archéologie de mon père" à Medellin, en Colombie le 10 juillet 2018 Photo JOAQUIN SARMIENTO. AFP

Le président-élu colombien Ivan Duque pendant la présentation de son livre "L'Archéologie de mon père" à Medellin, en Colombie le 10 juillet 2018 Photo JOAQUIN SARMIENTO. AFP

Le nouveau président de Colombie, Ivan Duque, prend ses fonctions mardi sous des auspices difficiles: il entend durcir la politique de paix avec les guérillas, les relations avec le Venezuela voisin sont au plus bas et son mentor fait l'objet d'une enquête.

"Je souhaite le meilleur à mon successeur @IvanDuque: tous les succès possibles, pour le bien de notre patrie", a tweeté le président sortant.

"Uribe va avoir une influence importante et permanente sur le gouvernement", estime Javier Torres, professeur de l'université Externado à Bogota.

Mais l'affaire qui éclabousse l'ex-président pourrait affecter le nouveau gouvernement. Sénateur et chef du Centre démocratique, le parti d'Ivan Duque, M. Uribe est soupçonné d'avoir tenté de soudoyer des témoins contre un opposant politique, le sénateur de gauche Ivan Cepeda, dans un dossier qui remonte à 2012.

Autre dossier brûlant: les relations avec le voisin vénézuélien. Le président Nicolas Maduro, qui affirme avoir été visé samedi par un attentat commis avec deux drones chargés d'explosifs, a directement accusé son homologue colombien sortant.

A première vue, rien ne devrait s'arranger entre ces deux pays qui partagent 2.200 km de frontière. M. Duque a promis d'oeuvrer à "une stratégie articulée, multilatérale et diplomatique pour une transition vers des élections libres au Venezuela".

Sur le front intérieur, l'Armée de libération nationale (ELN), dernière guérilla du pays, attend de connaître les intentions de M. Duque concernant les négociations de paix menées depuis février 2017.

Mais, soulignant que "le chemin parcouru est très significatif", le commandement de cette guérilla de quelque 1.500 combattants s'est dit prêt à poursuivre les discussions.

Le nouveau président, partisan d'une ligne dure, a déjà fait connaître ses conditions qui, selon les analystes, ont peu de chances d'être acceptées par l'ELN: suspension de "toutes les activités criminelles" et concentration des troupes sous l'égide des institutions internationales.

Le nouveau chef d'Etat devra aussi faire face aux manifestations de l'opposition de gauche et centre gauche, avec en tête Gustavo Petro, son adversaire malheureux à la présidentielle.

"Que @IvanDuque n'ait aucun doute sur le fait que nous continuerons à défendre la paix comme le bien le plus précieux pour tous les Colombiens, la vie sous toutes ses formes et expressions, l'approfondissement de la démocratie, et les droits humains", a ainsi twitté l'ex-commandant Carlos Lozada, aujourd'hui sénateur.

Dix membres de l'ex-guérilla ont fait leur entrée au Parlement le 20 juillet sans avoir été élus, comme prévu par l'accord de paix de 2016.

La Colombie est profondément divisée entre détracteurs et sympathisants du traité de paix avec les Farc.

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