Vendredi 25 Septembre, 2020

Colombie: investi président, Duque veut durcir la politique envers les guérillas

Le président-élu colombien Ivan Duque

Le président-élu colombien Ivan Duque

Le président Ivan Duque a pris ses fonctions mardi à la tête de la Colombie, déterminé à durcir la politique de son prédécesseur envers les guérillas et à asphyxier diplomatiquement le gouvernement de Nicolas Maduro au Venezuela voisin.

Dès son discours d'investiture, il a réaffirmé ses promesses électorales, en annonçant des "correctifs" à l'accord de paix signé fin 2016 avec l'ex-guérilla des Farc, un durcissement des négociations avec l'ELN, dernière rébellion colombienne active, et envers son homologue vénézuélien.

A propos des négociations menées depuis février 2017 avec l'Armée de libération nationale (ELN), dernière guérilla du pays, il a estimé qu'"un processus crédible doit se cimenter avec une cessation totale des actions criminelles, sous supervision internationale".

- Opposition mobilisée -

L'opposition s'est mobilisée, au moment de la cérémonie d'investiture, dans plus d'une trentaine de villes du pays. Vêtus de blanc, brandissant des fleurs et des drapeaux colombiens, les manifestants ont exigé protection des activistes, dont 331 ont été assassinés depuis 2016, et respect de l'accord de paix historique qui, cette même année, a mis fin à une confrontation armée de 53 ans avec la plus ancienne rébellion du continent.

Mais il va devoir compter avec une opposition de gauche et du centre qui a accru sa représentation lors des élections législatives de mars dernier.

Dix membres de l'ex-guérilla des Farc ont fait leur entrée au Parlement le 20 juillet sans avoir été élus, comme prévu par l'accord de paix.

Mais l'affaire qui éclabousse son mentor pourrait affecter son gouvernement. Sénateur et chef du Centre démocratique, le parti d'Ivan Duque, M. Uribe est soupçonné d'avoir tenté de soudoyer des témoins contre un opposant politique, le sénateur de gauche Ivan Cepeda, dans un dossier qui remonte à 2012.

- Contexte difficile -

Soulignant que "le chemin parcouru est très significatif", le commandement de cette guérilla de quelque 1.500 combattants s'était dit prêt à poursuivre les discussions.

Autre dossier brûlant: les relations avec le voisin vénézuélien. M. Maduro, qui affirme avoir été visé samedi par un attentat commis avec deux drones chargés d'explosif, a directement accusé son homologue colombien sortant. "Absurde", a répondu Bogota.

"En défense des valeurs démocratiques, nous rejetons toute forme de dictature sur le continent américain, nous le dénonçons et nous appelons les choses par leur nom", a-t-il déclaré sans nommer directement Nicolas Maduro.

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