Dimanche 26 May, 2019

Etienne, lauréat de sa promotion, parle de ses trois ans d'étude en RD

Claude-Alain Etienne, lauréat de la 15e promotion de l'Instituto del Ambiente

Claude-Alain Etienne, lauréat de la 15e promotion de l'Instituto del Ambiente

2016-2019 : trois ans de dur labeur pour ces six jeunes Haïtiens partis, après une bourse d'Etat, en République Dominicaine pour des études en gestion de l’environnement. Claude-Alain Etienne, sorti lauréat de cette 15e promotion de l’ « Instituto Technico de Estudios Superiores en Medio Ambiante y Rescursos Naturales », se confie à la rédaction de Loop Haïti sur ses trois années d’étude en terre voisine.

Cette bourse offerte par le ministère de l’environnement a été une très bonne occasion pour Claude-Alain de vivre son rêve d’embrasser une carrière autre que les sciences juridiques, lui qui avait déjà entamé des études à l’Ecole de Droit et des Sciences Economiques des Gonaïves. Etudiant finissant aux Gonaïves, cela n’a pas été difficile pour le fraîchement diplômé de sauter sur l’occasion.

« Etant donné que j'ai toujours rêvé d'étudier beaucoup plus que les Sciences Juridiques et que j'aime beaucoup l'Environnement et ses mystères, j'ai pas hésité », explique Claude-Alain à notre rédaction.

Comme il est fréquent pour tous les étudiants qui doivent poursuivre des études dans un pays qui n’est pas le leur, d’être confronté à des difficultés au début de l'expérience, voire tout au long de ces dernières, cela n'a pas été différent pour ces jeunes Haïtiens partis en 2016 pour la République Dominicaine. Claude-Alain Etienne raconte que leurs « premiers jours ont été plus que difficiles ».

Il fallait s'adapter au plus vite, dit-il. On est arrivé (les 6 Haïtiens au départ) en République Dominicaine le samedi 2 septembre 2016, on ne savait rien de l'Espagnol et de la République Dominicaine. Or le lundi 4 septembre, il fallait se présenter en cours. Le premier cours RRNN (Ressources Naturelles) et tous les autres étaient donnés en Espagnol et il n'y avait pas de cours de langues pour les Haïtiens", nous a-t-il raconté.

Un climat où la température peut descendre jusqu'à 8°C avec une pluviométrie très haute, du brouillard avec l'obligation de se réveiller avant 6h du matin pour les exercices. Un horaire strict qui s'étend sur plus de 12h (6h am - 10h pm, avec 3h d'études 7h pm-10hpm): l'atmosphère dans laquelle ces six jeunes Haïtiens, parmi tant d'autres, ont dû travailler n'a pas été du gâteau.

Le travail des champs

Détrompez-vous, des études sur l'environnement ne s'effectuent pas uniquement dans les salles de cours. Les étudiants ont dû ainsi travailler dans les champs avec machettes, pique, rato, asada sous surveillance constante, observer des règles vraiment strictes et un menu pas agréable à des heures obligatoires: des difficultés qui, certaines fois, tentaient d'amener Claude-Alain et ses amis à vouloir tout arrêter et rentrer chez eux. « Mais grâce au support de ma famille et une amie bien spéciale, j'ai tenu bon », se souvient le jeune homme. 

Avoir effectué des études à l'étranger est une chose. On apprend sur de nouvelles cultures, dans une nouvelles et on acquiert de nouvelles connaissances. Mais revenir au bercail pour pouvoir exercer son métier est aussi un autre épisode important. La graduation de la promotion a eu lieu le samedi 4 mai 2019. Ces six fraîchement diplômés vont (très) prochainement revenir au pays dans l’espoir que le ministère de l’environnement tiendra parole quant à sa promesse de bien placer ces jeunes professionnels sur le marché du travail, si l’on en croit les dires de Claude-Alain Etienne.

Claude-Alain reste confiant. « Je me vois comme un professionnel prêt à affronter notre réalité. Seulement 7 professionnels haïtiens ont cette formation intégrale en Gestion de l'Environnement et je suis sur que chacun de nous est prêt à mettre en pratique tout ce qu'il a appris et à combattre pour défendre notre environnement qui actuellement à besoin de nous ! », confie-t-il.

Le plus dur est passé. En attendant leur insertion, Claude-Alain veut que les jeunes intéressés par un tel programme, sachent que c'est une bonne opportunité et que malgré les difficultés qui peuvent se présenter, il est toujours bon de persévérer et d’avoir un objectif bien défini.

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