Classement mondial de l’inclusion financière et numérique : Haïti en queue de peloton

La révolution numérique que connait le monde actuellement a provoqué un changement radical dans la façon de réaliser les affaires au niveau des pays et entre les pays.

 Les concepts « e-commerce », « e-business », paiements électroniques… ont émergé et facilité les échanges entre les pays, entre producteurs et consommateurs et ont permis à ces derniers de réaliser des transactions financières de manière plus rapide et sécuritaire. 

Selon le rapport 2016 de l’institution Brookings sur l’inclusion financière et numérique, Kenya est classé en première position gagnant 84% du possible score total, devançant ainsi la Colombie (79%), le Brésil (78%), l’Afrique du Sud (78%) et l’Ouganda (78%).

Arrivent en queue de peloton, Haïti gagnant 60% du possible score total, Afghanistan (54%), Ethiopie (53%) et Egypte (49%). 

Il importe de souligner que la République Dominicaine devance Haïti de 2 points de pourcentage avec 62%.

Pour calculer le score total, les variables suivantes sont utilisées : engagement du pays à intégrer le réseau international et à investir dans les services financiers numériques, la disponibilité des infrastructures pour avoir accès aux paiements mobiles et d’autres services financiers mobiles, l’environnement de la réglementation pour une bonne supervision et l’adoption des services financiers formels par la population. 

C’est au niveau de l’adoption des services financiers formels qu’Haïti a obtenu sa plus mauvaise note, soit 42% contre 58% pour la République Dominicaine. Haïti affiche un niveau identique de 72% pour les trois autres variables citées plus haut, dépassant la République Dominicaine dans le cadre de l’environnement de la réglementation.

Avec une population adulte similaire à la République Dominicaine, soit 7 millions de personnes, Haïti accuse un important retard par rapport à la République voisine, en termes de comptes détenus par des adultes dans les institutions financières. En fait, seulement 19% des adultes haïtiens possèdent un compte dans une institution financière contre 53% pour des adultes dominicains. L’écart est plus important entre les femmes des deux pays, avec 56% de femmes dominicaines détenant un compte contre seulement 16% pour les femmes haïtiennes.

Le rapport reconnait des efforts réalisés par les responsables monétaires haïtiens qui ont adopté la « Stratégie nationale d’inclusion financière » avec le support de la Banque mondiale. Des initiatives ont été prises par la Banque centrale haïtienne concernant la protection du consommateur, des systèmes de paiement, des transferts de devise et la réglementation et la supervision des institutions de microfinance ainsi que des coopératives financières.

Le rapport a souligné finalement que la communauté financière d’Haïti fait face à de multiples défis politiques, économiques et infrastructurels afin d’améliorer la position du pays dans le classement mondial de l’inclusion financière. 

 

 

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