Mercredi 20 Novembre, 2019

Cité Soleil: les dessous d’une paix fragile

Photo: Jean Marc Hervé Abélard et Dieu-Nalio Chéry

Photo: Jean Marc Hervé Abélard et Dieu-Nalio Chéry

Les gangs armés qui contrôlent les 34 quartiers du plus grand bidonville de la Caraïbe observent une trêve depuis 2015. En refusant les affrontements sanglants, ils instaurent une paix fragile qui ouvre la voie à certaines initiatives porteuses de développement. Immersion dans un ancien chaudron à moins de dix minutes en voiture du palais présidentiel.

Sur la route nationale #1, à l’entrée Nord de Port-au-Prince, un réservoir d’eau géant domine tout. Tout autour de cette citerne, il y a les impacts de projectiles des affrontements opposants gangs armés et casques bleus de l’ONU, entre 2004 et 2007. Sur les murs de clôture, on remarque également des graffitis. Parmi les dessins, il y a une hymne à la paix qui montre un pigeon aux ailes déployées qui ferme avec ses pattes un robinet de sang. « C’est une façon pour nous d’exprimer la paix qui règne ici depuis un certain temps car, nous circulons sans crainte. Il n’y pas d’échanges de tirs », explique, Adou, auteur de la fresque.

Cité Soleil, le plus grand bidonville de la Caraïbe s’étale sur une superficie de 21.8 km2. Il compte plus de 256 mille habitants repartis en trente-quatre quartiers, divisés en plusieurs blocs, dirigés chacun par un chef de groupe armé. Pour les ONG et les agences d’aide, Cité Soleil « is the place to be ». C’est là que l’étalage de la pauvreté a justifié depuis plusieurs années des dizaines de millions dépensés.

Pourtant, la misère ne fait que stagner ou s’amplifier dans ce vaste bidonville. Cité Soleil est connu pour l’extrême pauvreté qu’il concentre et la violence des gangs armés qui sèment le deuil. Depuis un certain temps, les gangs s’entendent de  faire taire les armes pour favoriser l’exécution de projets sociaux.

Les armes contre la pauvreté

Ce nouveau cap est suivi par les soldats de tous les camps. La transition est palpable, jusque dans la petite pièce de « Dieufaite », à 2ème Cité, dans laquelle trône un lit recouvert d’un drap usé entourée d’assiettes en inox, de linges sales et de mégots de cigarettes.

Dieufaite, 42 ans, père de deux enfants est un ancien soldat de Robinson Thomas alias « Labanière », qui a dirigé un gang du quartier Boston entre 2001 et 2004 sous la présidence de Jean Bertrand Aristide. Entre les murs délabrés de son taudis, il fume de la marijuana pour « dégager ses frustrations et sa misère ». « A cause de la misère, les jeunes comme moi étaient obligés de prendre les armes pour survivre. J’ai volé, kidnappé et tué », raconte l’ancien soldat converti. « J’ai vécu la terreur et j’ai failli mourir. Je ne suis pas prêt à revivre une telle expérience. »

Pour lire la suite de ce grand reportage, cliquez sur ce lien > Cité Soleil: les dessous d’une paix fragile.

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