Dimanche 16 Juin, 2019

A Cité Soleil, des chefs de gang s’apprêtent à remettre des armes

Crédit photos : Dieu-Nalio Chéry

Crédit photos : Dieu-Nalio Chéry

Des chefs de gangs de Cité Soleil se préparent à remettre des armes à feu. C’est la Commission Nationale de Désarmement, Démantèlement et Réinsertion (CNDDR) qui recevra ces matériels. L’information a été confirmée ce vendredi 24 mai par l’un des membres de l'entité, Dorcenat Jean Rebel. Une première cérémonie officielle se déroulera le mardi 28 mai 2019, dans le plus grand bidonville du pays.

La nouvelle circulait depuis plusieurs semaines. Des chefs de gangs de Cité Soleil, voulant contribuer à un retour à la paix dans leur communauté, ont exprimé leur volonté à remettre des armes à feu aux autorités. « Cité Soleil veut donner le ton et servir d’exemple, la cérémonie est prévue sur la « Place fierté », informe Dorcenat Jean Rebel, membre de la Commission nationale de désarmement, démantèlement et réinsertion.

Cette initiative, selon le commissaire, est le fruit d’un pacte entre la CNDDR et les différentes fondations dirigées par les chefs de bandes. Pour coordonner ce processus de désarmement graduel, notables et acteurs sociaux sont impliqués. Cependant, Jean-Pierre Fleuret Job, leader communautaire, l’un des facilitateurs, n’est pas au courant pour le moment du nombre de matériels qui va être remis à la commission.

Cette étape est le résultat d'une série de pourparlers qui a été entamée avec des leaders de groupes armés dans le plus grand bidonville du pays. « Par cette initiative, Cité Soleil dit vouloir envoyer une autre image au monde entier », se réjouit ce jeune leader. « Ti Hougan », le caïd qui contrôle le quartier Boston fera le premier pas. Jean-Pierre Fleuret Job invite les autres à suivre l’exemple.

Cependant, les chefs de gang avait déjà posé certaines conditions : construction d’écoles professionnelles, accès au crédit, emplois aux jeunes… les notables de Cité Soleil invitent les autorités étatiques à respecter leurs promesses. Pour eux, il faut, à travers des accompagnements sociaux, prévenir la violence et le banditisme, afin d’éviter de créer de nouveaux bandits armés dans ce vaste quartier.

« Ce processus de désarmement ou de remise des armes à feu qui doit démarrer à Cité Soleil, touchera plusieurs autres quartiers dangereux », informe la CNDDR.

Rappelons qu’en 2007, sous la présidence de feu René Préval, un programme similaire avait été initié en Haïti, mais les résultats étaient peu satisfaisants. Plus de 10 ans après, les jeunes des différents bidonvilles de Port-au-Prince et dans d'autres villes de province, disposent de beaucoup plus d’armes de guerre. Selon une étude réalisée par la Commission nationale justice et paix (CE-JILAP), environ 300 mille armes illégales sont en circulation en Haïti.

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