Mardi 12 Novembre, 2019

Choc dans la communauté LGBT après les propos du pape sur les enfants homosexuels

Le pape François en visite à Knock en Irlande, le 26 août 2018

Le pape François en visite à Knock en Irlande, le 26 août 2018

En recommandant le recours à la psychiatrie pour les enfants homosexuels, le pape a choqué la communauté LGBT en France, qui dénonce un "très mauvais signal" envoyé à la jeunesse et un "double discours" du souverain pontife.

De retour d'Irlande après une visite dominée par les abus de pédophilie dans le clergé, le pape François a semé le trouble en répondant dimanche à un journaliste qui lui demandait ce qu'il dirait à des parents constatant les orientations homosexuelles de leur enfant: "Quand cela se manifeste dès l'enfance, il y a beaucoup de choses à faire par la psychiatrie, pour voir comment sont les choses", a-t-il dit.

"L'homosexualité n'est pas une maladie, l'homophobie oui", souligne Clémence Zamora-Cruz, porte-parole de l'Inter-LGBT, qui rappelle les anciennes pratiques médicales de "guérison" de l'homosexualité comme "les lobotomies ou les électrochocs".

La France a retiré l'homosexualité de la liste des maladies mentales en 1981 mais il a fallu attendre 1990 pour que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) fasse de même.

Les déclarations du pape François, qui s'est bâti une image progressiste auprès des médias, peuvent interpeller alors qu'il a envoyé à plusieurs reprises, depuis le début de son pontificat, des signes d'ouverture à l'égard des homosexuels.

"On voit là le double discours insidieux d'une institution qui a pour but de persécuter les homosexuels", a dénoncé sur Europe 1 Romain Burrel, le directeur de la rédaction du magazine gay Têtu.

Une réflexion "très complexe" qui génère de "l'incompréhension", observe le chercheur, alors que les catholiques pratiquants sont "beaucoup plus tolérants vis-à-vis des homosexuels que l'institution", assure Joël Deumier de SOS Homophobie.

"J'aimerais que le pape François n'utilise pas les homosexuels pour qu'on cesse de parler des prêtres pédophiles", a ainsi commenté Catherine Michaud, présidente de GayLib, mouvement LGBT de centre droit.

Surtout, selon Clémence Zamora-Cruz, "les mots choquent car ils ciblent les enfants", alors que "le risque de suicide est plus élevé que la moyenne chez les jeunes LGBT".

Selon les études, les personnes homosexuelles présentent deux à sept fois plus de risque de commettre une tentative de suicide que les hétérosexuels.

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