Dimanche 18 Novembre, 2018

Chili: une experte met à nu le plan pour faire retourner les Haïtiens

Chili: Une experte met à nu le plan pour faire retourner les Haïtiens. El Tipografo

Chili: Une experte met à nu le plan pour faire retourner les Haïtiens. El Tipografo

Le plan humanitaire qu’avait annoncé le gouvernement chilien pour faire revenir certains Haïtiens dans leur pays a été lancé le 17 octobre dernier. Bien avant son lancement, l’initiative a été vertement critiquée par certains Haïtiens qui le voient comme une forme de déportation légalisée.

Maintenant, c’est au tour des experts chiliens de donner leur avis sur la situation. La spécialiste en migration de l’Institut d’études avancées (IDEA) de l’Université de Santiago, Daisy Margarit, a fait savoir au média El Tipografo que l’approche du gouvernement chilien est incorrecte.

« La question devrait être de savoir pourquoi les migrants qui demandent le retour n’ont pas de travail. Est-ce qu'on leur donne les opportunités ? Ont-ils reçu la bonne information ? Car au Chili, il y a du travail », a-t-elle martelé dans les colonnes du média. L’experte a donné cette réponse suite à la dernière enquête effectuée par Estacion Central qui a indiqué sur 100 Haïtiens interrogés, 66 ont déclaré vouloir quitter le Chili parce qu’ils ne travaillent pas.

Pour Margarit, les politiques actuelles du gouvernement chilien se concentrent sur « la gestion et la régulation de la migration » et laisse croire que l’immigration est une menace. « elle estime que les avantages de ce phénomène pour l'économie du pays n'ont pas été envisagés. Par exemple, elle souligne que diverses études montrent que les étrangers occupent un pourcentage élevé des emplois que les Chiliens dédaignent », lit-on dans les colonnes de l’article.

« Le plan de retour semble être une bouée de sauvetage qui nous permettra de nous débarrasser du problème de la migration, mais il ne le résout pas dans son intégralité », affirme toujours Margarit qui poursuit en indiquant que la migration n’est pas un problème. Pour elle, le problème fondamental est que « nous devons garantir des droits minimaux aux migrants et à toutes les personnes résidant dans ce pays. »

En même temps, elle soutient que le plan humanitaire du gouvernement ne considère pas si les conditions de vie ont changé en Haïti. Donc, pour elle, les mêmes conditions qui ont poussé les Haïtiens à venir au Chili sont les mêmes qui les poussent en dehors de ce pays.

Quant à la mesure qui interdit aux Haïtiens participant au plan humanitaire de revenir au Chili pendant les neuf prochaines années, Daisy Margarit la voit comme « une atteinte à la liberté des personnes ». « Les personnes qui utilisent cet avantage ne peuvent plus l'utiliser, c'est vrai, mais vous ne pouvez pas restreindre la liberté des personnes », a-t-elle conclu tout en avouant que la décision paraît arbitraire.