Mercredi 26 Février, 2020

« Chansons d’Haïti » : Pour sauvegarder le patrimoine musical haïtien

Marie-Claude Bayard, directrice exécutive de la Fondation Odette Roy Fombrun (FORF) et Karine Margron, initiatrice du projet « Chansons d’Haïti ». Photo : Estaïlove St-Val/Loop Haïti.

Marie-Claude Bayard, directrice exécutive de la Fondation Odette Roy Fombrun (FORF) et Karine Margron, initiatrice du projet « Chansons d’Haïti ». Photo : Estaïlove St-Val/Loop Haïti.

Expatriée aux Etats-Unis pour cause de maladie, la chanteuse Karine Margron a profité de sa longue période de convalescence pour se replonger dans les plus beaux moments de sa carrière et revisiter le répertoire des chansons traditionnelles créoles d’Haïti. Un constat qui l’a frappée tient à ce que cette richesse culturelle reste méconnue de la génération actuelle, constamment exposée aux nouvelles tendances musicales dont le Rap, le RnB.   

C’est ainsi qu’elle a eu l’idée de créer le projet « Chansons d’Haiti » avec la double ambition de « sauvegarder et mettre en mémoire les chansons d'Haïti et les proposer au monde académique. »

Sa démarche se veut être une recherche documentaire qui lui a permis de collecter une soixantaine de chansons créoles - folkloriques, classiques et populaire- qu'elle a retranscrites dans leur version la plus originale que possible. Avec l’aide  du compositeur, flûtiste et chef d’orchestre haïtien, Julio Racine et au moyen de logiciels spécialisés pour l'écriture de la musique, elles sont arrangées sous forme de partitions avec les ligne mélodiques, les paroles et des accords.

Les dix années d’opération ont abouti à la production de neuf recueils –certains accompagnés d’un CD- qui redonnent vie aux  œuvres des plus grands compositeurs de la musique traditionnelle dont Ansy Dérose, Raoul Guillaume et Lumane Casimir. Il s'agit d'un véritable matériel pédagogique, « facile d’utilisation » destiné à des étudiants en musique ainsi que des musiciens moyens. Egalement peintre et graphiste, Karine Margron n’a pas perdu de vue une seule fois son objectif : « Je fais le projet pour qu’il soit intégré dans toutes les écoles de musique en Haïti. Parce que ceux qui ont la responsabilité de sauvegarder notre héritage musical sont ceux qui savent lire la musique. »

 

Les recueils sont distribués gratuitement dans toutes les écoles de musique. L’autre stratégie de vulgarisation est de les placer dans les bibliothèques. Déjà les « Chansons d’Haïti » sont disponibles dans plusieurs universités au Canada, en France, aux Etats-Unis.

« L’héritage culturel est d’une importance capitale pour nous. Et nous pensons que le developpement d’Haïti prendra ses racines dans cet héritage culturel et historique dont l’un de ses volets est la musique ». À ces mots de Marie-Claude Bayard, il est paru évident que la Fondation Odette Roy Fombrun (FORF) dont elle est la directrice exécutive, s’associe à ce projet.

« Le musicien d’origine haïtienne y trouvera des références propres à son identité; les institutions d’enseignement de la musique, quant à elles, y découvriront des références et du matériel de travail en appui à leurs études relatives à la chanson haïtienne », note les dans un dossier de presse.

Les volumes 8ème et 9ème de « Chansons d’Haïti » seront présentés en primeur au public haïtien lors d’un concert à Port-au-Prince dans le courant du mois de février. Pour renforcer le travail de « transmission de patrimoine ». La Fondation Odette Roy Fombrun qui s’investit dans l’éducation et le civisme prévoit des ateliers dans les écoles de musique et des concerts de restitutions à l’été.

 

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