Dimanche 26 May, 2019

Chancerelles: la maternité Isaïe Jeanty fermée pour cause d’insécurité

La façade de la Maternité Isaïe Jeanty, située à Chancerelles./Photo: Compte Facebook de l’hôpital.

La façade de la Maternité Isaïe Jeanty, située à Chancerelles./Photo: Compte Facebook de l’hôpital.

La Maternité Isaïe Jeanty, située au quartier de Chancerelles, ferme ses portes à cause de l’insécurité, selon ce qu’a annoncé le Dr Chantal Sauveur Junior Datus, Directeur général du centre.

Le seul hôpital public du pays spécialisé dans les soins obstétrico-gynécologiques ne recevra plus de patientes. Cet arrêt de travail observé jusqu’à nouvel ordre au sein de ce grand centre hospitalier fondé en 1947, traduit le ras-le-bol du personnel médical de plus en plus inquiet du phénomène de l’insécurité. « On est quotidiennement attaqués et ce, de manière systématique, par des bandits armés et gangs rivaux qui s’affrontent non seulement à Chancerelles, mais aussi dans les zones enclavées de La Saline comme Tokyo, Rue Saint-Martin », a indiqué, ce mardi sous couvert d’anonymat, une source de Loop.

Quelques matins, les employés voulant éviter les interminables embouteillages de La Saline, risquent leur vie en empruntant des routes voisines, encore plus exposées et livrées à des bandits, a-t-elle expliqué au journal. « Ces individus armés pénètrent, de coutume, l’enceinte de l’hôpital, volent les matériels, braquent le personnel ou les rançonnent », poursuit notre source.

« Là, nous parlons d’une situation intenable. On ne peut plus travailler dans un tel climat. Les gangs ne veulent pas et refusent de comprendre que cet hôpital dessert plusieurs localités et quartiers pauvres où les gens n’ont pas accès aux soins. Les femmes enceintes, en particulier, vont en souffrir », poursuit l’intervenante.

Cet hôpital de référence compte des centaines de résidents, de médecins de services et d’infirmières sages-femmes. Maintenant, ils seront certainement transférés dans d’autres centres hospitaliers du pays, car ils ne veulent plus aller à Chancerelles. Ceux qui ne perdront pas automatiquement leur emploi risquent une mise en disponibilité ».

L’insécurité, au lieu de reculer, connait plutôt une hausse. Incendies criminels répétés des marchés publics et des résidences familiales, vols, braquages à mains armées, tueries et échanges de tirs entre gangs armés : voilà tout ce qui rythme le quotidien du bas de la ville depuis quelques temps, en dépit des efforts déployés par l’institution policière pour contrecarrer les bandits.

Hier lundi, au niveau de 5e avenue Bolosse (zone sud de Port-au-Prince), des rafales étaient entendues. Des hommes armés, issus de Grand-Ravine échangeaient avec des agents des forces de l’ordre au niveau de ce quartier où le commerce a considérablement ralenti, selon ce qu’a rapporté un habitant de la zone, confirmant pour Loop le décès d’au moins une personne.

 

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