Dimanche 17 Juin, 2018

Cette française qui recycle les savons en Haïti

Photo de Laure Botinelli présentant son savon dans une école. Crédit: Anacaona.

Photo de Laure Botinelli présentant son savon dans une école. Crédit: Anacaona.

Le portrait Laure Bottinelli est dans les pages d’Europe 1 cette semaine pour son initiative entrepreneuriale qui consiste à recycler les savons usés des hôtels. La jeune Française a développé son entreprise sous le label Anacaona en 2015 en Haïti où elle vivait depuis trois ans après avoir découvert le Mooc « Devenir Entrepreneur du Changement ».

Laure Bottinelli avait déjà fait plusieurs expériences au cours de son séjour dans le pays, notamment dans le domaine de l’humanitaire. Mais, elle n’a jamais été trop satisfaite des résultats de ces formes d’engagements. « L’humanitaire permet la survie, mais ne permet pas de sortir un pays de la misère » fait-elle croire dans une interview accordée au journal.

En 2016, elle retrouve son associée Mélanie, qui elle aussi travaillait pour une ONG. « En avril 2016, elles lancent une campagne de crowd-funding qui leur permet de tenir jusqu’à décembre, et en juin elles testent les premiers produits en vue de commencer la production en septembre » rapporte Europe 1.

L’objectif des deux dames est clair : « créer une entreprise pour Haïti et par Haïti ». Tous les composants du savon proviennent du pays depuis les matériaux de packaging jusqu’aux étiquettes.

 « J’apprends aux imprimeurs locaux à faire du PowerPoint, c’est usant, mais c’est comme cela aussi que l’on renforce les capacités locales”. Et les travailleurs sont locaux : « le but à terme c’est de pouvoir léguer cette entreprise aux Haïtiens » poursuit Laure Bottinelli. Elle renforce l’administration de l’entreprise par une troisième femme qui est, cette fois-ci, haïtienne.

« Dans le Mooc, on doit présenter son projet en une page à un moment, un résumé super visuel de sa mission, son modèle éco etc. Je l’ai fait en une nuit, à l’arraché. Et c’est avec ça que je suis allé démarcher les grands hôtels de Port-au-Prince » fait savoir Laurine Bottinelli. L’entrepreneure est d’ailleurs très informée des enjeux de protection de la santé publique.

Elle a travaillé dans plusieurs pays tels le Sud-Soudan, le Madagascar et les Philippines dans ces différents domaines dont elle reste passionnée.

Trois femmes sont actuellement attachées au service d’Anacaona. Ce sont elles qui ont pour rôle de ramasser les savons à travers les hôtels.  « J’ai recherché les femmes les plus “vulnérables », celles qui auraient le plus besoin d’un travail pour subsister explique Laure Bottinelli qui se dit très satisfaite de leur progression depuis leur affectation.

Les savons d’Anacaona ne sont pas uniquement sur les étagères des boutiques haïtiennes. Ils sont également offerts en ligne aux Etats-Unis et au Canada. L’entreprise progresse au quotidien et Laure Botenelli reste très optimiste et confiante quant à son avenir. Actuellement, elle travaille avec les écoles de la capitale et de quelques villes de provinces qu'elle profite pour sensibiliser à l'hygiène.