Mardi 25 Juin, 2019

Céant suggère à la Présidence et au Parlement de réduire leurs budgets

Jean-Henry Céant, Premier ministre d'Haïti / Photo: Compte Twitter du Premier ministre

Jean-Henry Céant, Premier ministre d'Haïti / Photo: Compte Twitter du Premier ministre

Le Premier ministre Jean-Henry Céant a finalement pris la parole ce 16 février, 48 heures après avoir été annoncé par le président Jovenel Moïse lors de son adresse à la nation tenue à la huitième journée de manifestations de la population.

Le chef du gouvernement a, dans son discours pré-enregistré, déploré les dégâts matériels et en vies humaines enregistrés durant plus d'une semaine de protestation, présenté ses sympathies aux proches des victimes, appelé au dialogue pour résoudre la crise et surtout, comme l’avait annoncé Jovenel Moïse, présenté un ensemble de mesures que l’équipe gouvernementale compte adopter en vue d’"améliorer les conditions de vie de la population". 

La première mesure ? Une réduction de 30% du budget de la Primature dont l'enveloppe s'élève à 2,217,131,072 de gourdes (1,826,002,320 pour fonctionnement et 391,128,752 pour investissement) dans le projet de loi de finances 2018-2019 déposé mardi 11 décembre aux deux branches du pouvoir législatif. « Nous suggérons à la Présidence et le Parlement à faire de même [en réduisant leur budget respectif, ndlr] », a souligné Céant.

Cette coupe budgétaire de la Primature devrait se concrétiser par notamment le retrait pour de grands fonctionnaires de l'Etat, d'une série de privilèges tels que les frais de carburant, les minutes pour les téléphones, les voyages inutiles et le nombre de consultants sur les dossiers. Aussi, a promis le notaire et ancien candidat au Palais national, la question de la « deuxième résidence » sera « reconsidérée ». L’application de ces mesures devrait, prévoit-il, permettre le renforcement du pouvoir judiciaire « en lui donnant les moyens nécessaires à l’aboutissement du procès Petrocaribe ».

Plus de cinq milliards de gourdes allouées au parlement

Dans le projet de loi de finances 2018-2019, la part réservée au sénat est évaluée à 2,24 milliards de gourdes, tandis que la chambre basse a une enveloppe de 3,54 milliards. En somme, plus de 5 milliards de gourdes seront allouées au parlement dans le projet de budget 2018-2019 retourné à l'exécutif par la chambre des députés sous recommandations de la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (CSC/CA). 

Quant à la présidence, la part qui est lui est attribuée dans le projet de budget 2018-2018 se chiffre à 1,592,824,810 de gourdes.

La fin des monopoles 

Lors de son adresse à la nation, le chef du gouvernement a fait mention d’autres dispositions prévues, parmi lesquelles: un audit des entreprises autonomes de l’Etat en vue de combattre le détournement des fonds publics; la lutte contre la contrebande afin de pouvoir « rentrer la moitié des fonds (soit soixante milliards de gourdes par an) perdues sur la frontière entre Haïti et la République Dominicaine et à la douane.

« Cet argent aidera à appuyer la production nationale, subventionner l'engrais pour les producteurs, faciliter l'accès au crédit, ceci étant l'un des moyens pour combattre la dégradation de la gourde et « faire baisser le dollar », croit Céant.

Jean-Henry Céant a aussi promis la fin des "monopoles". « Je me suis entendu avec le président en vue de mettre à toutes les monopoles », a-t-il dit. Ce, dans l'objectif de « protéger ce qui travaillent dans de la production nationale. » Le premier des ministres a également informé que des discussions vont être entamées avec le patronat en vue d’une révision à la hausse du salaire minimum. 

Par ailleurs, aucun effort ne sera ménagé quant à la tenue du procès Petrocaribe, a promis le notaire qui se félicite d'ailleurs d'avoir fait preuve de beaucoup d'intérêt pour ce dossier depuis qu'il est devenu Premier ministre. 

Notons qu'il n'a fait aucune mention d'une éventuelle démission de sa part telle que réclamée par l'entourage du président Moïse.

Poursuite de l'opération "Pays lock"

Depuis le 7 février, de nombreuses manifestations ont été organisées dans la capitale d'Haïti et dans d'autres villes de province. Les protestataires, en colère, dénoncent la vie chère, la corruption et exigent le départ du chef de l'Etat. Les activités ont été paralysées durant ces mouvements de protestation parfois émaillés de violences. Pillages, incendies et morts d'hommes ont été enregistrés durant cette semaine.

Une autre série de manifestations est annoncée pour cette semaine, à partir de ce dimanche 17 février. Les leaders du mouvement baptisé "Pays lock" menacent de visiter entre autres, durant leur parcours, la résidence du chef de l'Etat dont le fils ainé a quitté le pays ce samedi 16 février en direction de la République Dominicaine, selon Listin Diario.

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