Vendredi 10 Avril, 2020

JH Céant : « Renverser un président entraînera le chaos dans le pays »

Le Premier Ministre Jean Henry Céant

Le Premier Ministre Jean Henry Céant

Le Premier Ministre Jean Henry Céant, sur les ondes de radio et télé Métropole, estime que les manifestations de rue émaillées de violence ne sont pas la méthode saine pour sortir de cette crise dans laquelle la République est engluée depuis quelques décennies.

Le dialogue [qui doit déboucher sur un accord politique et un pacte de gouvernance, selon lui], le « tèt ansanm », la conciliation, un pacte politique entre tous les secteurs de la vie nationale : voilà ce qu’il préconise à l’opposition, aux acteurs impliqués ainsi qu’à tout le pays.

« Il y a aujourd’hui une opinion publique qui est fatiguée » de ce climat de violence qui règne à chaque conjoncture, a indiqué le notaire, et cette opinion publique est prête à accompagner le gouvernement dans ses prises de position, a-t-il poursuivi.

« Un pays ne peut pas se diriger dans le désordre, dans la violence. On doit plutôt aller vers les autres, dépolariser la société, rapprocher tout le monde », a affirmé le fondateur du parti Renmen Ayiti, arguant que ceux qui lancent des appels à la violence intensifient cette polarisation et la division.

Comment résoudre la misère et la faim : voilà la préoccupation de l’heure, poursuit le Premier Ministre non-favorable à un éventuel départ du président Jovenel Moïse et un gouvernement de transition de 36 mois.

« On a d’autres méthodes plus saines [qu’une transition, ndlr] pour combler les attentes de cette population qui a élu Jovenel Moïse » lors des élections démocratiques, lâche le PM, serein dans ses prises de paroles. « Cherchons plutôt ces méthodes : le tèt ansanm, l’harmonie, la concorde entre nous. Renverser un président entraînera le chaos : combien de fois l’avons-nous fait ? ». Depuis 86, on nage dans la transition : ça a donné quoi ? Où en est-on aujourd’hui ? », dit-il d’un ton ferme, appelant l’opposition, tout en respectant ses divergences de vue, à une convergence des intérêts communs.

De plus, le banditisme et les groupes de gans qui pullulent dans quasiment tous les quartiers populeux enclavant la région métropolitaine restent une situation préoccupante pour le Premier Ministre, aussi chef du Conseil Supérieur de la Police Nationale, CSPN.

« La commission de désarmement est quasi prête : on n’attend que le signal des organisations de défense de droits humaines avec qui on travaille pour la mettre en branle », a annoncé Jean-Henry Céant.  

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