Samedi 26 Septembre, 2020

Ce restaurant à Montréal fait la promotion de la cuisine haïtienne

Des visiteurs au restaurant Sandmas au Québec. Crédit photo/Sarah Mongeau-Birkett

Des visiteurs au restaurant Sandmas au Québec. Crédit photo/Sarah Mongeau-Birkett

Pour la commémoration de la fête de l’Indépendance d’Haïti, 1er janvier, le restaurant Shandmas, jonché à la rue Ontario Est au Québec, a distribué gratuitement la soupe au giraumon, un potage qui fait remonter au temps sombre de la colonisation.  

Au Québec, il y a un restaurant haïtien au nom singulier : Shandmas. « Nos parents nous disaient que le Champ de Mars [la plus grande place publique d’Haïti, à Port-au-Prince, ndlr] a été, naguère, l’espace par excellence pour amoureux », raconte Marie-Aliette Forges à Loop Haïti, copropriétaire de l’établissement (elle partage les droits avec son mari, Duckens Ernest). Une étonnante homophonie qui relie les deux villes à un bout de chandelle.

Au départ, le couple voulait garder intact le nom de ce lieu de récupération humaine distillé sur dix espaces superposés au cœur de la capitale haïtienne. Mais un métro du même nom à Montréal avait déjà pris les devants. « Nous avons notre propre identité visuelle, notre identité calligraphique mais nous avons voulu que les deux noms [Champs-de-Mars et Shandmas] sonnent de la même manière », explique-t-elle.

« Le griot est le met haïtien le plus aimé au Québec »

À part de l’organisation sonore, les deux espaces se rapprochent de la façon dont ils desservent leurs fréquentations : par le dialogue et la nourriture. « Nous avons voulu avoir cette place à Montréal, un espace pour les nostalgiques d’Haïti ainsi que tous les étrangers qui souhaiteraient goûter à la cuisine haïtienne », dit-elle, sourire collé la gorge.

Parmi les potages les plus achalandés, le griot classique haïtien (porc frit assaisonné) cartonne en tête de menu. « Notre menu est riche et varié, prévient-elle. Nous offrons, entre autres, lalo haïtien, pâté kodé, accras (appelé aussi malanga), riz collé et blanc, légumes pour végétarien ».

Cependant, dans cet espace qui génère entre 100 à 200,000 dollars canadiens l’an, « le griot classique est le met le plus demandé, dit la cheffe. C’est, en gros, le plus aimé au Québec ». Elle n’est pas en mesure de fournir des données conformes sur le nombre de visiteurs en moyenne par mois. Toutefois, elle précise que « c’est plus calme à la période hivernale ».

Le Nègre marron

Sur le mur du restaurant, à droite, se trouve perchée une image phosphorescente du Nègre marron. Elle reprend canoniquement la célèbre statuette du Nègre marron érigée sur la place qui porte son nom à Port-au-Prince.

La statuette haïtienne, le Nègre marron, au restaurant Shandmas au Québec/  Photo: Sarah Mongeau-Birkett  

« En revenant des vacances en Haïti, nous avons pensé à créer un espace qui peut aider à faire valoir la culture d’Haïti, explique Forges. Nous devons vous avouer que nous sommes très fiers du résultat de notre luminaire personnalisé de néon. Une belle représentation de notre légendaire statuette haïtienne, le Nègre marron ».

Marie-Aliette Forges et son mari, Duckens Ernest, ont émigré au Canada avec leurs parents respectifs en 1989. Ils avaient 9 ans, à l’époque. Elle revenait au pays pour la première fois en 1997. « C’est après cette visite que nous avons pris goût du terroir et décidé d’ouvrir l’espace », se souvient-t-elle. Depuis, les deux tourtereaux retournent régulièrement au pays natal. « J’invite la diaspora à en faire de même ».   

Hermione Pierre et Websder Corneille

 

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