Dimanche 18 Août, 2019

Ce général haïtien a interdit le « vodou » à Saint-Domingue

Ce général haïtien a interdit le « vodou » à Saint-Domingue. Photo : Pixabay

Ce général haïtien a interdit le « vodou » à Saint-Domingue. Photo : Pixabay

L’histoire rapporte que le 4 janvier 1800 le général Toussaint Louverture, de son vrai nom François Dominique Toussaint, a publié un arrêté interdisant toute manifestation publique du vodou. Toute violation dudit arrêté entraînait de sévères punitions corporelles suivie d'incarcération.

« Les punitions corporelles consistaient à faire courir le condamné entre deux haies de soldats armés de verge jusqu’à ce qu’il succomba sous les coups », stipule l’arrêté.

L’historien Thomas Madiou a relayé l’information dans son ouvrage « Histoire d’Haïti. Tome II, Port-au-Prince, Imprimerie Joseph Courtois, 1847, p27. » Pour ce dernier, Toussaint Louverture a ouvertement manifesté ses préférences pour la religion catholique au détriment du vodou.

Sans remuer les feuilles du passé, le vodou a connu des moments troubles dans l’histoire d’Haïti. A maintes reprises, des dirigeants ou leaders religieux s’en prennent à cette religion comme un mouton de Panurge.

Dans un rapport adressé au ministre des cultes en 1861, le père Pascal propose des axes et moyens d’intervention en vue de « moraliser et civiliser la République Haïtienne ». Dans cette perspective, il souhaite « abolir les Vaudoux », en finir avec les « réunions diaboliques » qui nuisent au « progrès de l’Évangile » et à la tranquillité du pays, rapporte le sociologue haïtien Lewis Ampidu Clorméus.

Au début vingtième siècle, la loi du 3 juillet 1935 et les derniers articles du Code Pénal prévoyaient des sanctions. L’article 405 de ladite loi stipule : « Tous faiseurs de wangas, capreletas, vaudoux, dompèdre, macandals (sic) et autres sortilèges seront punis de trois mois à six mois d'emprisonnement et d'une amende de 60 gourdes à 150 gourdes par le tribunal de simple police […] ».

Comment aussi oublier la campagne antisuperstitieuse, appelée également « campagne des rejetés », déclenchée en 1939 sous la présidence de Sténio Vincent (1930-1941) pour s'achever sous le règne d'Élie Lescot (1941-1946).

De manière récente, le Cardinal Chibly Langlois s’est attiré les foudres d’une frange importante de l’intelligentsia haïtienne après une déclaration dans le journal britannique The Guardian, qualifiant le vodou de « grand problème social » pour Haïti, et soulignant que cette religion offrait la « magie » mais pas de vraies solutions.

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