Mercredi 13 Novembre, 2019

CDM2018 - La France : Cinq clés pour une deuxième étoile

Crédit : Equipe de France / Compte Twitter

Crédit : Equipe de France / Compte Twitter

Vingt ans après la génération 98, la France est redevenue championne du monde. Les Bleus se sont imposés face à la Croatie (4-2), au terme d’une finale prolifique. Didier Deschamps rejoint Zagallo et Beckenbauer dans la légende. Cette victoire, les Bleus l’ont méritée. Leur sacre, en cinq clés.

Les Français n’ont pas tremblé au moment d’affronter leur destinée. Ils ont écrit l’une des plus belles pages de l’histoire du football hexagonal. Après la génération Zidane, voilà la génération Griezmann. Talentueuse, ce groupe de joueurs se devait de réaliser quelque chose de grand. C’est enfin chose faite. Dimanche 15 juillet, la France du football tient la deuxième date la plus importante de son histoire.

En 2014 au Brésil, Varane, Pogba et Matuidi étaient trop tendres pour éliminer l’Allemagne. Les futurs champions du monde écartent les Bleus de Deschamps. En 2016, à domicile, ils franchissent un palier en éliminant la Mannschaft en demi-finale. Mais, les coéquipiers d’Olivier Giroud perdent contre le Portugal et Cristiano Ronaldo une finale qui les tendait, pourtant, le bras. Cette défaite amère a servi. La France plus armée que jamais, sure d’elle, peut viser la deuxième étoile.

Dans cette Coupe du monde, la 21e de l’histoire, Didier Deschamps a construit sur des certitudes. Il s’est trouvé des tauliers. Ils sont champions du monde. Sur l’ensemble, ils l’ont bien mérité.

Varane-Umtiti, la maturité n’a pas d’âge…

Difficile d’évoquer cette France championne du monde en évitant la comparaison avec l’équipe de 1998. Impossible tout carrément. Zizou et consorts sont à jamais les premiers. Mais, ils ne sont plus les seuls. L’un des symboles de ce rapprochement, c’est la charnière centrale, Umtiti-Varane. Cette défense rappelle celle composée de Dessailly et de Laurent Blanc. Le Madrilène dans la peau de Blanc. Le Catalan dans celui de Desailly.

L’ancien Milanais et vice-capitaine des Bleus n’a pas pu éviter la comparaison. Il l’a même acceptée cette terrible ressemblance au niveau du style. Mais, il a quand même à préciser qu’alors que Varane et Umtiti ont respectivement 25 et 24 ans, lui et Lolo en avait 29 et 32. Donc, pour lui plus matures. Les jeunes défenseurs français n’ont pas fait leur âge durant ce mondial. Ils ont fait preuve d’une maturité impressionnante. Ils ont été là dans les moments clés, marquant des buts décisifs. Ils ont tenu face à la terrifiante attaque belge. Finalement la blessure de Koscielny aura été une bonne chose pour la France et Didier Deschamps.

Kanté, Pogba, Matuidi, l’équilibre du milieu…

Pour remporter une coupe du monde, il faut avoir du caractère, de la chance et beaucoup d’équilibre. La France a eu tous ses ingrédients. Mais, pas que. Les Bleus ont pu compter sur un milieu de terrain uni, solidaire et surtout très équilibré. C’était le grand chantier de  Deschamps depuis la dernière coupe du monde. Ne sachant comment intégrer l’indispensable Kanté à son projet. DD a beaucoup tâtonné. Au point, de retirer Matuidi de son 11 de départ. Tolisso a joué le match inaugural contre l’Australie. La France a déjoué avant de faire entrer le Turinois et Giroud à la place de Dembelé et du Bavarois. Deschamps est revenu à ses certitudes. Il ne les a plus perdues jusqu’à la fin du tournoi. Et il avait raison. Ils ont souffert. Ils se sont battus sur chaque ballon. Ils ont laissé leurs vies sur chaque duel. En finale, Kanté a été en grande difficulté. L’une des rares fois de sa carrière. Mais, Deschamps croit à son équilibre. Nzonzi remplace sa sentinelle et l’ordre est rétabli. La Croatie avait le talent au milieu. Mais, la France avait du cœur, de l’envie, de la solidarité et « 250 poumons » repartis en trois guerriers.

Pavard-Hernandez, les deux font la paire…

Si Deschamps a perdu un pari pendant ce mondial, c’est celui de ses latéraux. L’ancien lensois avait tout misé sur Sidibé et B. Mendy en dépit de leur convalescence. Pavard et Hernandez qui ont rattrapé le train pour la Coupe du monde très tardivement, ne devaient pas être titulaires. Mais, au cours des matchs de préparation, ils ont revendiqué leurs places. Ils ont bousculés les plans de leurs sélectionneurs. Cette équipe de France n’était jamais à bout de bras durant cette Coupe du monde. Ses latéraux ont impressionné des deux côtés du terrain. L’une des actions qui caractérisent le mieux cette fabuleuse complémentarité, c’est celle du but égalisateur face à l’Argentine. Le Colchenero fait la différence sur son côté gauche, son centre traverse tout le terrain jusqu’à son homologue à droite. Pavard arrive, frappe en première intention de l’extérieur du pied pour inscrire l’un des plus beaux buts de ce mondial. 

Giroud, aucun sacrifice n’est trop grand…

Il n’a pas marqué pendant cette coupe du monde. Il n’a même pas cadré un tir. Les statistiques d’Olivier Giroud sont maigres. Mais, chercher l’implication de l’ancien Gunner, dans ses stats, c’est se fourvoyer. C’est passer à côté de l’essentiel. Giroud s’est sacrifié pour le collectif. Il a pourri le jeu de ses adversaires. Il a compliqué leurs sorties de balle. Il a récupéré beaucoup de ballons. Plusieurs proches de sa surface de réparation. Il s’est battu comme un chien. Et son activité a libéré ses coéquipiers de l’attaque. Mbappé en a tellement profité. La France aussi.

Mbappé, le talent qui fait la différence…

La Coupe du monde se gagne au mental. Il faut un collectif soudé. Un bloc-équipe préparé à la victoire. Didier Deschamps avait réussi à construire tout cela. Mais, il y a un élément. Un petit plus essentiel à la victoire finale. Un joueur qui sort de l’ordinaire qui peut basculer un match quand le collectif faillit. Romario l’a été pour le Brésil en 1994. Zidane l’était pour la France en 1998. Maradona faisait gagner l’Argentine en 1986. La Comparaison est peut-être trop lourde à porter pour les petites épaules de Kylian. Il n’a pas encore vingt ans. Et il vient de marquer en finale de la Coupe du monde. Presqu’à lui tout seul, il avait éliminé Messi et l’Argentine. Sa précocité n’a d’égale que celle de Pélé dans l’histoire de la Coupe du monde. Comparaison trop lourde, on disait ?

Il a fait des misères aux défenseurs durant la compétition. Rio Ferdinand, ancien très grand défenseur a donné la formule pour défendre sur Mbappé : « fermer les yeux et prier ». Le gamin est impressionnant. Il a confirmé à la face du monde entier qu’il était l’avenir du football mondial. Il est fort, il est insolent. Il a eu le culot de récupérer le numéro 10 de Zinedine Zidane. Un dossard qui lui va si bien.

On aurait pu parler des parades décisives de LLoris, ou des Coups de pied arrêtés assassins de Griezmann. On pourrait évoquer également l’esprit d’équipe qui a guidé les Bleus durant tout le tournoi. Mais, on se contentera de ces cinq clés qui ont fait sauter tous les verrous pour propulser la France au Zénith, au sommet du football mondial.

Nathan Laguerre

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