Vendredi 6 Décembre, 2019

Carnaval : T-Jo Zenny explique la "frustration" des "artistes"

Alors que la date qui avait été retenue pour le carnaval national approche, l’annulation des festivités carnavalesques suscitent encore des remous. Dans le secteur culturel, les opinions des artistes divergent. Certains trouvent normal que le carnaval soit annulé moyennant qu’on le renvoie à une autre date, d’autres tiennent à ce que cette festivité annuelle ait quand même lieu.

Après la conférence de presse qu’ont donnée certains artistes pour défendre la tenue du carnaval le jeudi 28 février, le numéro 1 du group « Kreyòl la », invité à l’émission Le Point le vendredi 1er mars, a placé ses mots sur le dossier. Pour lui, cette position prise par les artistes, n’est que l’expression de leur "frustration".

Plusieurs facteurs sont à prendre en compte dans la revendication des artistes. Comme l’ont souligné les autres au cours de la conférence, le carnaval est générateur de revenus pour ces créateurs qui investissent beaucoup économiquement durant la période du carnaval. Il est vrai que beaucoup de fonds sont décaissés, mais il faut aussi prendre en compte les dépenses faites par les artistes, selon ce que rapporte T-Jo.

Cette frustration de la part des artistes s’explique aussi par le fait que cela fait déjà 3 fois que la politique se mêle de l’affaire du secteur culturel, et hache ainsi les moments phares des artistes. « 6-7 jiyè kraze vakans nan men atis yo, 17-18 novanm gate desanm, e politik la fenk gate kanaval la », pour reprendre les mots de l’auteur de “Tou limen”, sa meringue carnavalesque de 2019.

Une véritable industrie

Mais il y a aussi autre chose qui frustre davantage le secteur musical en particulier dans ce pays, souligne Joseph Zenny. Les gens croient que les artistes sont uniquement des bambocheurs sans savoir qu'au fait, ce qu'il font, c'est leur boulot. "C'est un travail, un job. Un musicien, ça vend du plaisir, ça vent le pays." 

Peu de gens comprennent qu’une formation musicale est une véritable industrie en miniature, qui peut faire vivre d’autres corps de métier ou d’autres secteurs d’activités, a aussi soutenu l'acteur. « Pour une soirée musicale, illustre-t-il dans son intervention, c’est toute une chaîne de services qui dessert le consommateur. La pompe à essence pour s’approvisionner en carburant, la taxi-moto si le fan ne possède pas un véhicule, les revendeurs de minutes, les restaurateurs, les hôtels, etc. » 

"Mais les gens pensent que nous sommes uniquement des bambocheurs." Et pire, "même la constitution ne nous reconnaît pas", a-t-il rappelé.

Toutefois, l’artiste ne nie pas le bienfondé des critiques de nombreux citoyens contre une partie du secteur artistique qui réclame coûte que coûte le carnaval national annulé par l'Etat. Il est vrai que les artistes on mit du temps pour se faire entendre sur la question, mais là encore, toujours selon T-Jo, la faute revient à l’Etat qui a lui aussi pris du temps pour faire sa déclaration d'annuler carnaval. A déclaration tardive, prise de position tardive, si on lit entre les lignes de l’artiste.

Le dossier du carnaval est loin d’être traité. Certains artistes n’en démordent pas. Reste à voir jusqu’où ça va mener.

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