Lundi 24 Septembre, 2018

Carnaval 2018: Don Kato exige l’arrestation des «voleurs» PetroCaribe

Antonio Cheramy, senateur de l'Ouest et interprète de la meringue 2018: « Danse Petro ». Photo: Facebook Antonio Cheramy

Antonio Cheramy, senateur de l'Ouest et interprète de la meringue 2018: « Danse Petro ». Photo: Facebook Antonio Cheramy

Pour entamer sa meringue de 2018, Brother’s Posse reprend les élégies du prêtre vodou Boukman. Rien d’insignifiant si l’on tient compte de son titre qui n’est autre que : "Danse Petro". De mémoire, à la cérémonie du Bois Caïman de 1791, les mystères Petro furent les seuls évoqués. Le régime des Duvalier, semble-t-il, l’a bien compris en utilisant le Petro comme outil à terroriser la population.

En 7 minutes et 33 secondes, le chanteur Don Kato s’approprie de ce chant incantatoire pour initier un nouveau procès : PetroCaribe. Ce mot valise devenu à la mode, rappelle avec regret une forte somme d’argent dépensée dans des conditions jusqu’à présent irrégulières selon le dernier rapport du sénat.

Petit contraste : Don Kato (de son vrai nom Antonio Chéramy) fait partie de ceux qui font attendre le pays pour le procès PetroCaribe, dossier sur lequel l’assemblée des sages peine encore à réaliser une séance d’emblée. Et si le nouveau président du Sénat, Joseph Lambert, vient d’annoncer pour le mardi 30 janvier la séance sur le rapport PetroCaribe, nous ne pouvons qu’espérer.

La scène du 5 septembre à la séance de vote du projet de budget 17-18, présenté par l’administration Moise-Lafontant, ne pourra pas délier toutes les mauvaises langues. Encore faut-il ajouter que M. Chéramy s’adjoint à la liste des sénateurs dont les mandats viennent d’être prorogés pour 2020. À ce point, il n’est pas inutile de penser à un Moïse Jean-Charles qui a remis, septembre 2014, tous les matériels en sa possession à la questure du Grand corps en signe de protestation contre une éventuelle prolongation de mandat des députés et sénateurs au 2e lundi de janvier 2015. 

Dans cette meringue, le sénateur traite de « voleurs », « gagoteurs » les usurpateurs des fonds Petrocaribe. Il dénonce également ces « raffineurs » qui rejettent l’accusation sur la plèbe prétextant que l’argent a été utilisé pour ses besoins. Il appelle la population à se soulever contre eux puisqu'ils caressent l'envie de donner le change.

Au rythme entrainant, cette meringue est une marche revendicative contre les fossoyeurs de la nation, contre l’absence d’indignation chez certains même lorsque Trump nous a traité de « pays de merde », contre la présence des forces policières dans les facultés, enfin, c’est un chant de résistance susceptible d’animer les soirées de première communion. Epi... Epi...

(extrait)

« Neg yo pran lajn ki pou fe devlopman / yo manje l/ yo gagote l

Kounya yo vle se malerez ki pou peye l

Pep la pat manje pwa

Li pap bay lapire

Mete kod yo anle pou n al mare vole

Rele bare volo ».