Vendredi 6 Décembre, 2019

Carlo Chancelien : « la diaspora, un atout pour le tourisme haïtien »

Carlo Chancelien, patron de la firme de consultation en tourisme, Le Jetsetter./Photo: Fournie par M. Chancelien.

Carlo Chancelien, patron de la firme de consultation en tourisme, Le Jetsetter./Photo: Fournie par M. Chancelien.

La diaspora, quoique écartée de la scène politique d'Haïti, constitue pour le pays une source importante de devises et le tourisme haïtien peut encore compter sur les capitaux de cette population pour se développer. Le point avec Carlo Chancelien, patron de la firme de consultation Le Jetsetter.

Carlo Chancelien, dans un entretien accordé à Loop ce jeudi, prône un tout nouveau concept baptisé « Diaspora Tourism », élaboré, il y a déjà quelques années, par des experts en tourisme convaincus du rôle crucial que peuvent jouer les citoyens « du dehors » dans le développement économique de leur pays d’origine.

Si Haïti, asphyxiée économiquement, patauge encore dans une crise politique sans précédent où un gouvernement peine à être formé, mais force est de constater que le pays connait depuis début juin une accalmie profitable aux organisateurs de spectacles et de festivals, aux entrepreneurs culturels, aux responsables de l’évènementiel, aux tour-opérateurs ainsi qu’aux propriétaires d’hôtels.

Après Sumfest, déroulé dimanche 28 juillet dernier, et Festival Bikini prévu pour ce 4 août, Haïti accueillera de nombreux autres évènements phares qui attireront des milliers de visiteurs étrangers et d’Haïtiens, sans compter ceux issus de la diaspora.

Dans un pays comme Haïti, au quotidien instable, ponctué de troubles, les Haïtiens vivant à l’étranger pourraient aider l’industrie à remonter la pente, à relancer l’économie. D’où le concept de « Diaspora Tourism » que prône le consultant en tourisme, Carlo Chancelien.

Pour corroborer ses propos, il cite en exemple le cas de Barbados qui, dans le cadre de sa campagne « Year of return » (Année du retour) lancée autour du slogan « Come back home », compte attirer plus d’un million de Barbadiens nichés dans la diaspora à la veille de la fête de l’indépendance en novembre prochain. Il s’agira, pour le pays, de renouer les Barbadiens « du dehors » à leur racine, les inciter à revenir chez eux.

Les experts concluent que le « Diaspora Tourisme » constitue l’un des moyens pouvant contribuer au développement du secteur. « Il est plus facile, argumente-t-il, de conquérir le cœur d’un ressortissant, animé de sentiment de patriotisme, plus sensible et plus connecté à sa patrie, que de convaincre un étranger de venir au pays », souvent catapulté dans les médias internationaux.

Nos compatriotes se sentiront plus impliqués dans la promotion et la vente d’une image positive d’Haïti comme étant une destination, ce qui pourrait en retour attirer plus d’étrangers, explique-t-il. Et il n’y a pas que les pôles touristiques traditionnels qui intéresseront la diaspora, les zones les plus reculées et à fortes potentialités d’investissement seront aussi identifiés.

« Le ministère du Tourisme ainsi que le ministère des Haïtiens vivant à l’Étranger, pourraient lancer une campagne conjointe visant à inciter nos compatriotes à visiter le pays comme touristes ». Nous sommes près de 2 millions qui vivent à l’étranger et qui envoient chaque année environ 3 millions de dollars de transferts en Haïti. Preuve que le pays a encore besoin de sa diaspora et de ses capitaux ?

Selon le patron de la firme Le Jetsetter, la stratégie Diaspora Tourism peut s’appliquer au cas d’Haïti, reconnaissant toutefois que l’insécurité, le décrochage du taux de change et les troubles improvisés peuvent contribuer à pérenniser l’incertitude.

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