Mercredi 24 Juillet, 2019

L'enfant n'est pas mort, une blessure qui devient poésie...

Le poète Benoit d'Afrique

Le poète Benoit d'Afrique

Né le 5 janvier 1997 dans la cité de l'indépendance, le poète Benoit d'Afrique a jugé bon de faire sa rentrée littéraire avec « L'enfant n'est pas mort », un ouvrage qu'il a écrit suite au décès de sa mère et qui est publié en janvier 2018 à Z4 édition.

En effet, dans ce long poème de 54 pages, le poète écrit avec l'espoir d'assaillir sa tristesse, et de se soustraire de ses vieux souvenirs qui se répètent. Comme un enfant, il recherche quel sens donner à cette douleur qui somnole en lui.

Ô mère, ma douce maman chérie...
À chaque aurore, je verserai en ton renom et pour ton amour
Des gouttes de café métamorphosées en pleurs.
Ô, maman, ton fils est à bout d’haleine
À bout de larmes […]


Ecrit- il à la neuvième page de son recueil.


Écrire, est pour Benoit d'Afrique la meilleure façon de tendre un piège à ses larmes. De fuir l'absence de cette voix d'oubli qui ne répond plus à ses soupirs. Thalar Ben Jelloun a dit vrai, lorsqu'il a déclaré que « l'absence est une ride du souvenir ».

Dans son recueil le poète évoque le mauvais goût de la vie. Il faut dire aussi que sa poésie est sincère et pleine de sens.

-Elle m’a dit : Carl, tu sens la cigarette.
-Et je lui ai répliqué : non, je sens ma mère

Si pour certains, la poésie ne peut pas rétablir l'harmonie dans ce corps vide que nous habitons, Carl Withsler Benoit sait lui-même comment s'y prendre avec les mots. Au-delà de ces vers qui pleurent, sa force n'est jamais morte, même à travers son désespoir, l'amour continue de briller :

[…]

Il a fallu que je prenne l’exil
Pour que finalement, je puisse goûter
Aux délices de l’amour […]



De là, ne pourrait- on pas donner raison à Louis Philippe Robidoux qui un jour déclaré  « qu'il est difficile à l'auteur d'un livre de se cacher dedans, qu'on ne puisse l'apercevoir »
À preuve, il faut relire les vers précédents.

Tout au long de ces pages, il se dégage de ces vers voilés, une mélancolie. Il s'agit tout à la fois d'une poésie simple et subtile. Ce livre, me semble t- il, est une partition d'innocence.

Chaque jour qui passe
Est un hymne à la tristesse.
Mère dis-moi quand tu reviendras
Je dirai au monde que j'ai trouvé l’inspiration
Dis-moi que tu n'es pas partie
Ainsi, j’épargnerai mes songes dans l'alcool  [...]


Quand j'ai terminé ces 54 pages, j'ai vite conclu qu'il n'avait rien de plus étonnant que de lire ce poète de 21 ans. Ce poète qui sait comment freiner ses pleurs avec des mots pour ne pas perdre pied.

Et depuis, je maudis l’esquille du jour et le calme des nuits
Mère, je te dédie les gouttelettes de l’aube
Qui viennent et reviennent inlassablement sur mes abajoues […
]

Lit-on à la page 30 de son recueil.

In fine, pour tout dire, il y a dans ce recueil une sensibilité, des sentiments bien extériorisés. Au-delà des chutes, des rêves brouillés, on retrouve toujours une lueur d'espoir qui coule à travers les vers. Un avenir qui nous fait signe d'avancer.

Jessica Nazaire

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