Mardi 12 Novembre, 2019

Canada, un demandeur d’asile haïtien obtient un sursis

Renold Francisque, demandeur d'asile haïtien basé en Alberta. Photo: CBC

Renold Francisque, demandeur d'asile haïtien basé en Alberta. Photo: CBC

Pour cette fin d’année, les joies retrouvent enfin le visage de Renold Francisque, ressortissant haïtien basé en Alberta (Canada), qui vient d’obtenir un sursis de la part des autorités fédérales après avoir été menacé d’expulsion du territoire canadien le 2 janvier 2018.

«Je suis très heureux de rester ici pour continuer mon traitement», a-t-il déclaré à CBC News suite à la réception d’une lettre de l'Agence des services frontaliers du Canada cette semaine, lui permettant de séjourner encore quelque temps dans le pays de Jacques Cartier.

Arrivé illégalement en février 2008, Renold Francisque a essuyé à trois reprises l’échec de se voir attribuer la permission de rester au Canada. Pour cause, selon la Commission de l’immigration et du statut de réfugié du Canada, l’homme appartenait à la milice civile VSN (Volontaire pour la sécurité nationale) fondée par François Duvalier, à partir d’un décret promulgué en novembre 1962.

Monsieur Francisque dément toujours ces allégations de plaignant à son tour d’être victime de persécutions politiques de la part du pouvoir lavalassien. Il affirme faire l'objet de menaces de mort en Haïti en raison de ses affiliations politiques.

« Si je laisse ici [le Canada] pour aller en Haïti, il y a quelqu'un qui va venir me tuer. Avant quand j'étais en Haïti, j'ai reçu des menaces, j'ai essayé de laisser Haïti », martèle ce dernier à CBC News. 

A 54 ans, Renold Francisque souffre d’une tuberculose non contagieuse mais hautement résistante. De Québec à l'Alberta où il vit actuellement, il a su travailler comme charpentier puis comme travailleur ménager. Les médecins l’auraient déconseillé de voyager parce que son état de santé inquiète.

Sous l’instigation des supporteurs de Francisque, des dossiers et une lettre du médecin ont été adressés aux instances concernées dans l’espoir de les voir reconsidérer sa mesure de renvoi prévue pour janvier 2018.

« Après un examen approfondi des soumissions et compte tenu des problèmes médicaux actuels de M. Francisque, il s'agit d'aviser que le report est accordé jusqu'à six mois en attendant une évaluation médicale plus poussée », a écrit un agent d'exécution.

« Ils ont utilisé leur bon sens et leur cœur », a déclaré Said David, avocat de M. Francisque, au Conseil des Canadiens-Africains. Souhaitant de fond en comble que le dossier se renvoie complétement en 2018 parce que le gouvernement canadien aurait mal compris ce qu’avait révélé le principal concerné lors de la première audience des réfugiés.

Entre-temps, Ronald Francisque n’a pas du tout masqué sa satisfaction en remerciant ses amis et les paroissiens, ainsi que divers groupes communautaires, le député d'Edmonton-Centre Randy Boissonnault et l'Agence des services frontaliers du Canada pour cette victoire qu’il vient d’acquérir.

Reste à savoir pour combien de temps.    

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