Lundi 11 Novembre, 2019

À Camp-Perrin, Valery Numa crée un musée à ciel ouvert

"Il y a tout un symbolisme que charrie cet événement ", dit Valery Numa, commissaire de l'exposition. / Photo : Samuel Pierre-Louis

"Il y a tout un symbolisme que charrie cet événement ", dit Valery Numa, commissaire de l'exposition. / Photo : Samuel Pierre-Louis

Ce premier article qui compose un polyptique sur le département du Sud, passe en revue une « exposition de photographie » à la belle étoile, dont le vernissage a lieu ce samedi 17 mars dans la commune de Camp-Perrin (situé à 22 km au nord de la ville des Cayes), précisément à l’hôtel Le Recul. Cet événement propose une immersion dans la vie de treize professeurs qui ont enseigné pendant plus de vingt-cinq ans- au moins- à l’échelle fondamentale, sans forcement être honorés une seule fois leur vie durant.

Un ancien ministre socialiste européen disait en 1989, que : « La vitesse est essentielle, vous n’irez jamais trop vite ». Une phrase en apparence excessive et trop pleine, mais nul ne saurait ignorer le pragmatisme dont elle fait l’objet pour comprendre un contemporain en expansion où le libéralisme gagne la plus grande part du marché. 

C’est à ce point qu’il faut reconnaitre et apprécier la valeur de Valery Numa, journaliste chevronné ayant construit une réputation irascible et un savoir-faire pertinent dans le maelstrom port-au-princien, depuis plus d’une vingtaine d’années. Peu commun de revenir de la province et de s’imposer aussi vite dans le débat public.

Au milieu de ce mois de mars, à la veille de la commémoration de la fête de l’école St-Joseph de Camp-Perrin, le commentateur politique a pris l’engagement de rendre hommage à tous les professeurs qui ont enlevé la poutre de son œil à travers une exposition photographique qui propulse au devant de la scène le visage de ces derniers. « Il y a tout un symbolisme que charrie cet événement », se prononce-t-il en prélude à cette soirée annoncée avec des signaux émotionnels forts.

 

Numa a claqué la porte de l’école primaire à la fin des années 1980. S’il a pu franchir presque toutes les étapes de sa jeunesse avec vitalité et excellence, il n’en demeure pas moins qu’il doit son succès à ces mentors qui l’ont tenu sur le droit chemin, dès son plus jeune âge. « C’est un moment de retrouvailles et d’intenses émotions. Cette soirée sera également caractérisée par les témoignages de ces professeurs de carrière aujourd’hui retraités, ainsi que ceux d’anciens élèves qui détiennent des anecdotes ludiques sur leurs mentors ».

Vingt-quatre heures à l’avance, le ministre de l'Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP), l’écrivain et professeur de sciences sociales Pierre Josué Agénor Cadet a qualifié l’événement de « grande première dans l’histoire d’Haïti ». Pour s’expliquer, il a pris en exemple l’État, par l’entremise de son Ministère, qui a l’habitude d’honorer tous les ans une cinquantaine de professeurs pour leur parcours typique.

Néanmoins, « c’est la première fois qu’un particulier ait pris l’initiative de porter sur les fonts baptismaux des professeurs qui lui ont offert le pain de l’instruction », précise-t-il, avant d’appeler à la propagation de l'initiative dans d’autres contrées géographiques du pays.

 

Cet exercice montre également que les professeurs ne travaillent pas en vain, que l’enseignement n’est pas un métier ingrat comme beaucoup l’estime, renchérit le prix littéraire Joseph D. Charles 2017 de la Bibliothèque Georges Cassera du Limbé.

Le « muralisme éducatif » présente l’œuvre et la carrière des professeurs suivants : Marie Gabrielle C. Perrin (55 ans de carrière), Pierre Dutemps Jean Louis (31 ans de carrière), Missly Edmond Théodore (28 ans de carrière), Hébert Montuma (31 ans de carrière), Jean Claude Joazard (29 ans de carrière), Oscide Marius (26 ans de carrière), Pierre Richemond (34 ans de carrière), Augustin Théodore (34 ans de carrière), Thomas Favard (30 ans de carrière), 10) Daniel Remarais (29 ans de carrière), Manès Guillaume (27 ans de carrière), Romuald Rigaud (29 ans de carrière) et Sténio Perrin (27 ans de carrière).

Jusqu’au mois de juillet prochain, les visiteurs disposeront du temps pour visiter ce « musée à ciel ouvert » et y découvrir leur biographie, prévient Valery Numa, le commissaire de l’exposition. Il rassure également de la permanence de cet espace qui sera utilisé à d’autres expositions ou fins utiles dans le futur. 

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