Mardi 31 Mars, 2020

Budget: Pour Evans Paul, Jack Guy Lafontant doit trouver une solution

Premier Ministre sous Michel Martelly et Jocelerme Privert, Evans Paul est censé maîtriser les arcanes du pouvoir. Et quand le Nouvelliste le convie à donner son avis sur la crise du budget, il ne s’est pas fait prier : « il n'appartient pas au chef de l'État de s'impliquer directement pour dénouer cette crise. Il est de la responsabilité du Premier ministre de prendre la question en main », a-t-il lâché, renvoyant la balle à Jack Guy Lafontant qui occupe exactement le même poste qu’il a jadis occupé.

« À mon avis, le gouvernement doit faire preuve de grandeur et d'humilité en initiant un dialogue patriotique avec les minorités au Parlement pour dégager un consensus raisonnable afin d'amender ce budget et le rentre potable aux yeux des contribuables », a continué Evans Paul qui dénonce un budget qui « viole le principe de la justice fiscale suivant lequel les gens sont taxés en fonction de leurs revenus »

Pour illustrer son point, il avance : « Un camionneur qui assure le transport des plus vulnérables ne saurait être astreint aux mêmes obligations fiscales qu'un chauffeur de trailer dont la valeur économique de sa marchandise et les dommages provoqués par son engin sur la chaussée sont des plus considérables ».

Ce n’est pas tout. Selon Evans Paul, « ce budget déborde le cadre de l'assiette fiscale en forgeant des taxes qui ne correspondent pas à la potentialité fiscale du pays. Il y a aussi la mauvaise répartition des crédits suivant des critères irrationnels engendrant une trop grande disparité entre les fonds alloués à l'exécutif et au législatif d'une part et les montants destinés au pouvoir judiciaire d'autre part, nettement inférieurs. »

Le budget de l'exercice fiscal 2017-2018 voté par le Parlement a occasionné une vague de protestations violentes dans la région métropolitaine et dans quelques villes de province. 12 septembre dernier, un jeune est tué à Martissant alors que la manifestation a causé d’autres débordements largement dénoncés. Entre autres, tentatives d’incendie d’institutions privées, des dizaines de vitres de voitures de citoyens cassées, des véhicules incendiés…

Il s’agit pour Evans Paul de « l'aboutissement de la conquête de l'opinion par des secteurs hostiles au pouvoir, au détriment des autorités en place, tant au niveau de l'exécutif qu'au niveau du législatif. » Selon lui, ils ont « prêté le flanc, en alimentant par leurs maladresses, un climat de mécontentement croissant au sein des différentes couches de la population. »

Evans Paul ne rallie pas la manifestation pour autant. « Le déferlement des actes de violence enregistrés au cours de cet exercice de protestation a terni l'image de ceux-là qui l'ont endossé. La violence étant inadmissible dans le jeu démocratique, les victimes de ce moment de terreur injustifiée et un large secteur du pays se désolidarisent du mouvement alors qu'ils étaient, à tort ou à raison, également remontés contre ce budget. »

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